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Critiques
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05/2017

Amine & Hamza

Fertile Paradoxes
ARC Music (2017)


[rh] «Fertile Paradoxes» est le titre du nouvel album d’Amine & Hamza M’Raihi, deux frères tunisiens établis en Suisse. Leur notoriété désormais internationale découle de leur maîtrise virtuose de l’oud et du qanun, les deux instruments de la musique arabe classique par excellence. Leur dernière œuvre permet aux frères d’explorer le caractère versatile de ces instruments traditionnels à travers le jazz, la musique classique occidentale, le flamenco et la musique indienne. Le résultat? Huit compositions denses et atmosphériques, tantôt hypnotiques ou rêveuses, tantôt houleuses voire déchaînées. Le titre de l’album décrit de manière détournée aussi bien le choix des ingrédients que le mode de cuisson: c’est ainsi que le qanun s’y marie au saxophone, le violoncelle aux tablas, l’accordéon à l’oud. Les instruments et les styles musicaux les plus hétéroclites s’y entremêlent pour donner lieu à des  sons aussi incongrus que saisissants. Les pays d’origine des musiciens et même les lieux d’enregistrement s’étendent de l’Inde aux États-Unis en passant par la Pologne, la Suisse, la France et la Tunisie. «Fertile Paradoxes» nous démontre une fois de plus avec brio que la bonne musique n’a guère besoin de catégories et que ses possibilités sont tout bonnement illimitées.

 

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04/2017

Kara Sylla Ka

Fatima (2017)


[ma] Auteur-compositeur sénégalais résidant à Genève, Kara Sylla Ka est un artiste piqué de la tarentule. Après une longue série de concerts avec un groupe résolument rock qui l’a conduit de la Chine à Zanzibar et l’a soutenu en première partie de Salif Keita, Tiken Jah Fakoly ou encore Habib Koité, il a sorti en 2015 un mini-CD d’afrobeat, révélant ainsi une facette inédite de son répertoire. L’invitation au Reggae City Festival de Ouagadougou en mars 2016 donna ensuite à Kara l’occasion de poser les jalons d’un nouvel album avec des musiciens du Burkina Faso. Désormais bouclé, l’opus est entièrement dédié à un rythme que le public a fréquemment pu déceler au cours de ses concerts, à savoir le reggae africain. Au fil de 10 titres, Kara Sylla Ka fait le tour de ce style de musique entêtant tout en nous livrant un bel hommage à Bob Marley. Au premier plan, on retrouve encore et toujours sa voix désinvolte ainsi que son commentaire politique, spirituel ou moral sur l’état du monde, généralement en langue peule, mais aussi parfois en français ou en anglais: «L’absence d’argent est préférable à l’absence d’âme.» La sortie de l’album sera marquée par un concert au Chat Noir à Genève le 12 mai.

 

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01/2017

Doctor King'esi

Rafiki (2016)


[ma] Il a enfin réussi: pour son dernier et pas moins de neuvième album, Doctor King’esi a réuni autour de lui tout un groupe de musiciens, nommément Tony Schiavano à la basse, Samuel Baur à la batterie et, en qualité d’invité, Lucien Dubuis à la clarinette basse. Fidèle à sa tradition, le chanteur et guitariste kenyan établi à Thoune offre ici treize chansons qu’il a quasiment toutes composées lui-même, sur le thème de l’amitié, de l’amour et de la vie, dans la droite lignée des morceaux chantés depuis de années comme musicien de rue, le plus souvent en solo. Aux arrangements de base plutôt discrets pour un quatuor viennent ainsi s’ajouter de nouveaux espaces sonores et structures rythmiques qui mettent bien en valeur la voix claire de Doctor King’esi et ses récits chantés en swahili. Aux dires du chanteur, le baptême du CD aura lieu prochainement dans une salle de concert à Berne. Un moment attendu avec impatience, qui, nous l’espérons, ouvrira la voie à d’autres concerts de cette nouvelle formation.

 

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12/2016

Julio D'Santiago Latin European Project

Deux Mondes (2016)


[ma] Le latin jazz est un «genre» ou une étiquette qui peine actuellement à s’imposer sur le marché de la musique. Les bons clubs de jazz programment plutôt rarement des artistes sous ce terme, exception faite de quelques pointures cubaines telles qu’Omar Sosa, Roberto Fonseca ou la résidente suisse Yilian Cañizares. Et dans ces rares cas, ils préfèrent les qualificatifs de «world jazz» ou «afro-cubain». Le percussionniste vénézuélien Julio D’Santiago a baptisé son groupe «Latin European Project», un nom qui n’évoque pas seulement son domicile genevois. Côté musique, le groupe expérimente avec les rythmes européens, par exemple avec la bulería, invitant même un danseur de flamenco à le rejoindre. Sur «Deux Mondes», album disponible en CD et vinyle, le musicien s’est allié aux Colombiens Mauricio Salamanca (saxophone) et Andrés Corredor (guitare), lauréat du 2e prix du prestigieux concours de guitare du Montreux Jazz Festival en 2014. À la basse, on retrouve le Cubain Delmis Aguilera, et au piano le Genevois Mathieu Rossignelly. Le résultat est un album virtuose débordant d’énergie, à mille lieues des clichés habituellement attribués au genre.

 

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08/2016

Gabriela Bergallo

Cielo arriba (2016)


[ma] La chanteuse argentine Gabriela Bergallo est surtout connue pour ses interprétations viscérales d’airs de tango complexes; en Suisse, elle se produit principalement sur la scène de son propre théâtre à Embrach. C’est ainsi que sa performance de 2009 dans l’opérette de Piazzolla «Maria de Buenos Aires» à la mise en scène impeccable est encore gravée dans les mémoires. Au cours des dernières années, elle s’est lancée dans une collaboration intense avec l’excellent pianiste, arrangeur et chef d’orchestre Juan Esteban Cuacci qui a quitté Buenos Aires pour le sud de l’Espagne voici quelques années déjà. Sous la houlette de Cuacci et entourée de son groupe «La Maquina», la chanteuse a enregistré un album cette fois-ci vierge de tangos consacré exclusivement au folklore argentin. «Cielo arriba» s’émaille de rythmes tels que la zamba, la chacarera, la cueca ainsi que des perles du littoral argentin. Mais les arrangements comme la voix trahissent une fois de plus cette tension dramatique qui caractérise si bien la musique de Gabriela Bergallo. Une exécution d’airs fort réussie qui, à l’image du tango, font partie intégrante de ce grand répertoire argentin auquel se sont frottés tant d’artistes, rendant l’exercice d’autant plus épineux au fil des nouvelles interprétations.

 

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05/2016

Basel Rajoub - Soriana Project

The Queen of Turquoise
(Jazz Village, 2016)


[ma] Les mélodies que Basel Rajoub interprète à la flûte duclar ou au saxophone fondent comme du chocolat noir extra amer sur la langue. Les sons se déplacent pensivement de note en note pour prendre aussitôt la poudre d’escampette, chassés par des rythmes de tambour tout en filigrane. Un oud (luth arabe), ou une  qanun (cithare sur table) viennent s’en mêler, marquant les basses, se greffant aux mélodies avant de s’en aller sur leur propre chemin. Parfois, le chant délicat de Lynn Adib se met au premier plan. Des émotions profondes, une virtuosité époustouflante et une joie de l’improvisation font tout le caractère du troisième album du musicien syrien qui fut lancé fin mai dans différentes villes de Suisse. Basel Rajoub a enregistré «Asia», l’album prédécesseur, à Beirut, et l’a produit personnellement. «The Queen of Turquoise» est quant à lui paru sur le label Harmonia-Mundi «Jazz Village» à Paris. Le saxophoniste vit depuis 2011 à Genève; Feras Chahrestan (qanun), qui s’est déjà fait entendre sur «Asia», vit en tant que réfugié syrien à Stockholm – raison pour laquelle il n’a presque pas voyagé durant ces dernières années. Le percussionniste Andrea Piccioni vit à Rome, la chanteuse Lynn Adib à Paris, et le joueur d’oud Kenan Adnawi à Philadelphie. Cette situation typique pour les artistes syriens d’aujourd’hui ne simplifie pas forcément l’organisation de la tournée du projet Soriana. Mais si vous deviez les croiser en cours de route, n’hésitez pas: foncez les voir! Le cas échéant: écoutez le CD. Vous ne risquez pas d’être déçu…

 

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04/2016

Aureliano Marin

Revolución Tango (2016)


[rh] Il n’est pas rare de tomber sur des musiciens qui, à mille lieues de leur patrie, se heurtent à des attentes conventionnelles vis-à-vis de leur musique. Bien qu’attirés par d’autres horizons musicaux, ils se retrouvent, bon gré mal gré, à satisfaire aux clichés de leur patrie d’origine. Débarqué à Neuchâtel depuis peu, le compositeur et chanteur argentin Aureliano Martin n’est pas de ceux qui succombent à la pression. Sur son nouvel album «Revolución Tango», le respect vis-à-vis de ce genre en pleine mutation est parfaitement audible. Malgré cela, les influences musicales et les histoires qui émaillent ses mélodies et ses textes sont bien de ce millénaire. Des rythmes de milonga et de tango y côtoient allègrement des éléments de jazz et de rock, tandis que des balades teintées de nostalgie («Cenizas del corazón») se heurtent à des chansons contestataires pleines de colère («J’en ai marre»). Dans l’univers musical d’Aurelio Marin, des instruments traditionnels tels que le bandonéon ou le tambour folklorique «bombo legüero» s’imposent avec autant d’évidence que la guitare électrique et la batterie.

Malgré une grande diversité de styles s’étirant entre tango et rock latino, Aureliano Marin est parvenu à concocter un album équilibré marqué du timbre singulier de sa voix rauque et profonde. Son chant vit de l’articulation propre au tango en évitant habilement les écueils kitch ou hyperémotifs. Tout semble indiquer que ce jeune homme a bel et bien trouvé son propre langage musical…

 

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12/2015

Elina Duni Quartet

Dallëndyshe

(ECM 2015)


[jk] La chanteuse albano-suisse Elina Duni est partie en quête des racines de son ancienne patrie balkanique. Pour ce faire, elle n’a pas toujours dû sonder un passé lointain: le morceau d’ouverture de «Dallëndyshe» adopte une mélodie du poète Muharrem Gurra qui, sous la dictature communiste, compta parmi les chanteurs les plus connus d’Albanie. Toutefois, ce sont les mélodies «anciennes» issues du riche patrimoine traditionnel qui constituent la majeure partie du répertoire. Elina Duni réalise l’exploit de conjuguer ces mélodies à des modulations jazzy sans qu’elles en pâtissent - pas plus que sa voix d’ailleurs. Au piano, son accompagnateur de longue date Colin Vallon se plonge jusqu’au fond des mélodies - les solos mirobolants sont désormais réservés aux situations live. Pour Norbert Pfammatter, la batterie est davantage un instrument percussif qui œuvre par couches délicates qu’une machine à rythme; quant au bassiste Patrice Moret, il sème ses notes profondes d’une main paisible et fluide. Ensemble, le groupe fait figure d’un véritable bain de jouvence pour les mélodies anciennes.

 

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11/2015

Kara Sylla Ka & Jahfandu Band

Monkote Afrobeat Vol. 1
(Modern Nomad 2015)


[jk] Kara Sylla Ka a ses racines dans le monde du folk. Au fil de ces dernières années, ce danseur et musicien s’est taillé une belle réputation d’auteur-compositeur dont les mélodies lancinantes et les performances séduisent invariablement le public. Avec le Jahfandu Band, son dernier projet en date, il a mis sur pied un groupe qui l’accompagne dans les contrées de l’afrobeat. Pour tous ceux qui ont assisté à un concert de Sylla Ka et de son groupe au cours des derniers mois - par exemple à l’occasion des 30 ans d’artlink – ce mini-album de 4 titres constitue la preuve même d’une véritable percée musicale. Loin d’avoir relégué au placard ses balades et ses mélodies caressantes, ce Sénégalais résidant à Genève en a accentué les rythmes, entraînant ainsi son public dans la danse. On se surprendrait presque à rêver d’arrangements plus relevés, avec des cuivres et des rythmes pimentés qui rendraient ces nouvelles compositions encore plus alléchantes.

 

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09/2015

Palenque la Papayera

Ramón en Palenque (2015)


[ma] Dans la région lémanique, ils sont connus pour leurs fêtes dansantes endiablées: Palenque la Papayera est un orchestre de cuivres composé de neuf musiciens et d’une chanteuse voués corps et âme à la «papayera», musique traditionnelle de la côte caribéenne de la Colombie. Cumbia, porro et fandango sont les rythmes les plus importants de cette musique; leur sonorité et leur effet sur le public n’est pas sans évoquer les orchestres de cuivre de l’Europe de l’Est et du Sud-Est. La plupart des musiciens de Palenque sont originaires de Colombie et sont actifs en Suisse dans le domaine du jazz ou de la musique classique, ce qui explique la précision de leur jeu. Pour son deuxième album, la formation fondée en 2005 a fait venir à Genève le virtuose d’euphonium Ramón Benitez - une célébrité en Colombie - pour enregistrer avec lui 13 titres, dont des compostions de divers membres du groupe ainsi que de Benitez lui-même. Instruments à vent, tambours, cymbales et voix s’entremêlent pour donner lieu à des rythmes et mélodies parfois hautement complexes, mais si trépidantes que l’auditeur, bon gré, mal gré, en a les fourmis dans les pieds.

 

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07/2015

ab3ad

Ancient Love (2015)


[ma] Les morceaux du premier album que le chanteur et joueur d’oud égyptien Wael Sami Elkholy a enregistré en Suisse avec le Trio ab3ad débutent sur un air pensif. Accompagné du percussionniste Titus Bellwald et de Björn Meyer à la basse, les trois instruments tissent une étoffe dense de mélodies et de rythmes qui sert de toile de fond complexe à la voix éthérée et acrobatique de Wael qui bondit d’une syllabe à l’autre avec émotion et une modulation virtuose avant de s’envoler vers des sommets vertigineux. Si son chant et sa personnalité respirent la jeunesse, le musicien de quarante ans né au Caire se targue d’un expérience artistique aussi riche que surprenante: quelques années en tant que chanteur pop avec tout ce qu’il faut pour séduire un public égyptien, interprète de musique arabe classique et populaire, un mastère composition, puis un autre en musique de théâtre à la Haute école des arts de Berne... Wael est fier de cette large palette d’activités professionnelles. «Alte Liebe» («Vieil amour»), le titre de l’album enregistré avec le Trio ab3ad, évoque toutes ces expériences, ainsi que beaucoup d’autres, tout en rendant hommage au poème éponyme de Pedro Lorenz que Wael interprète en allemand à la fin de l’album - un texte au caractère résolument pensif...

 

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05/2015

The Swiss-Mongolian Orchestra

Agula
feat. Arga Bileg Ethno Jazz Band
and Heiri Känzig Quintet
(Musiques Suisses 2015)


[jk] Dans une vidéo d’Arga Bileg, cavaliers mongols et véhicules tout-terrain ultramodernes s’adonnent à une course: une image qui exprime à la perfection l’esprit de cette coproduction. Si l’on se contentait de mentionner les origines des deux orchestres impliqués – le Heiri Känzig Quintet de Suisse et l’Arga Bileg de Mongolie - le verdict à chaud serait vraisemblablement «fusion exotique». Ce qui est bien loin de la vérité: la scène sur laquelle évoluent les deux formations est internationale et porte le nom de jazz. Les Mongols l’interprètent sur leur morin khuur (vièle mongole), piano et cithare, tandis que Känzig y amène contrebasse, accordéon et bugle. Les percussions jouissent quant à elles d’une exécution biculturelle.

 

Ce mariage donne lieu à des grooves dignes des meilleurs crus de Weather Report, et certaines mélodies flirtent avec les envolées de musiciens fusion brésiliens. Autrement dit, des compositions pur jus, ce qui permet de comprendre comment voix et violons puissent se permettre les saltos les plus acrobatiques en parfaite unisson. Au fil des solos, les instruments s’adonnent à de belles échappées tout en demeurant fidèlement ancrés aux structures de base. Seul instrument véritablement exotique, le yatga fait plusieurs apparitions tout sauf timorées en tenant harmonieusement tête au piano.

 

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03/2015

Yilian Cañizares

Invocación
(Naïve 2015)


[ma] Le nouvel album d’Yilian Cañizares est une œuvre très personnelle où cette violoniste et chanteuse cubaine rend hommage aux personnes qui ont marqué sa vie: son grand-père, sa mère, des musiciens de Cuba et du Venezuela disparus récemment, ou encore Edith Piaf… Musicalement parlant, il ne s’agit aucunement de créations tournées vers le passé, explique Yilian Cañizares dans le livret du CD, ce en quoi elle a absolument raison, car même si l’artiste chante « Non, je ne regrette rien », elle le fait d’une manière hautement contemporaine et personnelle. Dans son dernier album - déjà le quatrième depuis 2009 et le deuxième sorti sous le label français Naïve -, Yilian Cañizares s’affirme comme chanteuse de caractère et comme virtuose du violon, en parfaite interaction avec ses compagnons de route de longue date, David Brito, à la basse, Cyril Regamey à la batterie et Daniel Stawinski au piano, le dernier à avoir rejoint le groupe en 2013. Que ce soient des ballades mélancoliques ou des rythmes afro-cubains compliqués joués à une vitesse vertigineuse, ces quatre musiciens savent comment s’y prendre pour faire de la bonne musique. Après la chanteuse albanaise Elina Duni, Yilian Cañizares est la deuxième artiste avec qui artlink collabore à bénéficier de l’« Encouragement prioritaire du jazz » de la fondation Pro Helvetia.

 

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01/2015

Amagong

Amagong (2013)


[jk] L’amitié entre Sibiri Dougoutigui Diabaté et Martin Müller est aussi longue que le nom du groupe qui les relie: l’Association Mélomane des Amis du Grand Orchestre National de Gondwana. Une union étonnante au premier abord, puisque rien ne prédestine a priori un violoncelle à se lier d’amitié avec un balafon. Tout commence il y a vingt ans lorsque Martin Müller et son violoncelle partent en voyage en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, ils tombent sur Sibiri Diabaté et son balafon, dont les lames de bois ont été agencées de manière à recréer l’échelle chromatique bien connue en Occident. De cette rencontre naît un projet musical - dénommé G.O.N.G. à l’origine - qui a tracé son chemin sous l’étiquette « afro-fusion », a sorti deux albums et effectué de nombreuses tournées. Aujourd’hui, une dizaine d’années plus tard, cette amitié musicale se trouve enrichie de nouveaux morceaux.

 

Le violoncelle a été doté d’une cinquième corde, et, avec le tempérament digne d’une jeune basse, virevolte gaiement à travers les rythmes. Maître des lames de bois, Sibiri Diabaté dispose aussi d’une voix exceptionnelle. Hassan Dembélé, le guitariste, apporte une touche de guitare jazz à l’américaine, alors que le percussionniste Willy Kotoun concocte, avec le batteur Moise Quattara, un pétillant mélange rythmique. Qu’il s’agisse de reprises de Händel ou de mélodies mandingues revisitées à la sauce helvétique, Amagong met de bonne humeur. 

 

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01/2015

Andra Kouyaté & Magic Foli

Je Vous Aime
(EP 2014)


[jk] Entre grooves et mélodies, son tama prêt sous son bras gauche, Andra Kouyaté laisse filer ses doigts sur les cordes de son n’goni. Pas évident pour lui de sortir de l’ombre de son frère Bassekou Kouyaté, mais il s’y emploie. D’une part, il utilise beaucoup d’arrangements funk pour les compositions de « Magic Foli », sa nouvelle formation: licks et beats viennent tour à tour interrompre les rythmes linéaires – dans les intro ou à la fin des morceaux, mais pas seulement – et contrairement à beaucoup de musiciens à cordes d’Afrique de l’Ouest, Andra Kouyaté renonce entièrement aux outils électroniques pour privilégier la fraîcheur des sons acoustiques. D’autre part, il contribue au développement de la famille instrumentale des n’goni: inventeur notamment du n’goni basse, il joue depuis peu, sur scène, du n’goni à double manche. Ce disque EP montre tout le potentiel rythmique de cet artiste malien, sa virtuosité et son amour pour les breaks. S’il était doté d’une voix plus forte et mieux assurée de frontman, Andra pourrait atteindre des sommets.

 

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10/2014

The Faranas
& Baba Salah

Run Run

(Everestrecords 2014)


[jk] Cette production est le fruit tout d’abord du hasard, puis d’une amitié grandissante. Lors de leur passage au Burkina Faso en 2012 à l’occasion du festival Jazz à Ouaga, les musiciens bernois spécialistes d’afrobeat, de jazz et de funk rencontrent Baba Salah Cissé. Quelques « jams » plus tard, ce guitariste bien connu en Afrique de l’Ouest notamment pour avoir collaboré avec Oumou Sangaré, le « rossignol » du Mali, est invité à venir à Berne. C’est dans le cadre du festival Buskers 2013 que la collaboration entre le groupe bernois et le musicien malien débute, ouvrant la voie à la naissance de cet album.

Les Bernois ne souhaitent pas jouer de l’afrobeat pur. Ils ne se contentent pas non plus de reproduire des rythmes et des grooves, mais cherchent à se les approprier en les mêlant à de généreux morceaux de jazz et de funk. Mory Samb, leader du groupe originaire du Sénégal, apporte la tradition africaine. Baba Salah, guitariste et chanteur, se charge quant à lui de faire danser le tout. Ici, souplesse mandingue et précision musicale se rencontrent : pendant que les musiciens bernois s’approprient parfaitement la mesure, Salah peut se permettre de se livrer à des solos avec un léger décalage, ou de pousser les beats en laissant perler ses mélodies répétitives. Ne manquez pas cette tournée qui marque le lancement de leur nouvel album, la fête est assurée ! Consultez l’agenda.

 

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10/2014

Marcela Arroyo / Julio Azcano

New Tango Songbook
(Solo Musica 2014)


[jk] Cet album est une véritable découverte pour tous ceux qui associent le tango uniquement au bandonéon et qui ne connaissent Astor Piazzolla, le grand innovateur argentin du tango, que par ses mélodies aux accents d’improvisations jouées sur cet instrument. Piazzolla a en effet mis en musique de nombreux poèmes d’artistes contemporains tels que Jorge Luis Borges ou Horacio Ferrer, et s’est beaucoup inspiré de la guitare pour composer.

Sur la base de ce recueil de chansons, le guitariste Julio Azcano et la chanteuse Marcela Arroyo ont créé leur New Tango Songbook. Dansant d’une harmonie à l’autre, leur interprétation est à la fois concentrée et spontanée. Parfois la voix entraîne la guitare, à d’autres moments elle s’oppose aux arpèges insistants, et puis mélodie et accompagnement s’entrelacent à nouveau telle une robe de soie sur le corps d’une danseuse. Des percussions utilisées avec parcimonie et quelques touches de bandonéon viennent mettre de la couleur aux arrangements. L’expressivité est ce qui fait vivre le tango. Les deux interprètes l’ont bien compris. Entre force et douceur, ils savent équilibrer leur jeu et utiliser l’énergie émotionnelle des chansons, sans jamais en faire trop. [Dates des concerts]

 

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09/2014

Art of Change

Documentation du Forum à l’occasion de la fin du Swiss Cultural Programme in South Eastern Europe (SCP)


Cela a mis un certain temps mais elle est maintenant disponible: la documentation détaillée et bien illustrée sur les différentes interventions, la table-ronde et les discussions-débats du Forum qui a eu lieu le 6 décembre dernier au Kornhausforum à Berne. Environ 120 personnes, dont 16 artistes et partenaires culturels des pays de l'Europe du sud-ouest, ont fait le voyage pour discuter, durant toute une journée, des expériences du programme culturel suisse SCP.  Le projet était financé par la DDC et réalisé sur place par Pro Helvetia. Le projet a pris fin en été 2013, après 14 années et plus de 3000 projets culturels soutenus. Les invités ainsi que les responsables du programme étaient bien conscients du fait que le SCP fut le seul programme culturel d’un État européen à pouvoir être organisé en grande partie par des partenaires locaux sans servir de promotion aux artistes suisses.

 

La documentation en allemand ou en anglais est  téléchargeable sous forme de fichier pdf. 


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09/2014

Nehad El-Sayed

Yarns
(TMR 2014)


[ma] Après une formation classique de joueur de oud et de professeur de musique au Caire, Nehad El-Sayed est venu s’installer en Suisse en 2005 en tant que « Artist in residence ». Il a ainsi pu nouer des contacts avec la Haute école des arts de Berne, découvrir les compositeurs contemporains réputés et décrocher, en 2010, un master en composition musicale et théorie à l’HEAB. Dans le livret de son premier CD, Nehad El-Sayed décrit comment une toile composée de fils imprégnés de diverses traditions musicales se tisse autour de lui depuis son arrivée en Suisse et comment il y crée son propre nid. Accompagné de quatre musiciens suisses et égyptiens, Nehad a enregistré une œuvre aux multiples couches, étonnante et très personnelle. Le taksim, forme d’improvisation classique dans la musique arabe, rencontre ici des rythmes en boucle d’inspiration occidentale, où les passages modaux se transforment en polyphonie. Le son du oud- joué avec une grande virtuosité - est enveloppé des belles tonalités graves de la clarinette basse et de la contrebasse, alors que tambours, tambourins et cajón assurent la cadence lors des passages les plus rythmés. Ce nouvel album a été présenté par les cinq musiciens à l’occasion des dix concerts donnés en Suisse en mai et juin derniers.

 

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04/2014

Basel Rajoub Trio

Asia
(Edict Records 2013)


[es] Certes Basel Rajoub est un prodige qui parvient à imprimer à son saxophone les micro-tons des gammes arabes tout en s’inspirant du jazz. Mais l’écoute de son dernier opus « Asia » frappe surtout par son apparente simplicité et son art de la mélodie: en quelques notes qui résonnent de façon étrangement familière, ce musicien et compositeur syrien se branche directement sur vos perceptions les plus intimes. Car Basel Rajoub est un concentré de sensibilité à haute teneur dramatique. Sa musique mélancolique, sensuelle est intense. Son trio dans lequel chaque instrument développe sa personnalité au gré des improvisations est incroyablement pertinent. Les arpèges enflammés et les crescendos du sublime qanûn (cithare sur table) de Feras Sharstan évoquent la passion, les rythmes du percussionniste Khaled Yassine une subtilité à fleur de peau. Le disque se dévore d’une traite. Heureusement pour nous, Basel Rajoub - désormais établi à Genève – est prolixe. Après ses passages remarqués au Cully Jazz Festival et au Amman Jazz Festival de Jordanie, il est entrain de développer un projet à géométrie variable sous le titre générique de Soriana: un nouvel enregistrement en trio (à paraître à l’automne) et une formation inédite avec des musiciens suisses et italiens. Affaire à suivre.

 

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12/2013

Jackson Wahengo

"Eeloli" (Official Video)


[ma] Après un album produit en Namibie en 2012, c’est dans le légendaire «Subtopia» de Stockholm que Jackson Wahengo a tourné son dernier clip vidéo en date. «Eeloli» est la reprise d’une chanson des années 40 de la célèbre chanteuse namibienne Nanghili Nashima. Le refrain évoque les camions du SWANLA qui, durant la domination de la Namibie par l’apartheid, allaient chercher des travailleurs dans le nord du pays pour les exploiter dans des conditions épouvantables dans le sud. Ces travailleurs devinrent ultérieurement la figure de proue de l’opposition, luttant inlassablement pour la libération du pays. Le clip évoque l’ambiance d’un bastringue des townships sud-africains dans les années 50. Avec une ligne de basse tonitruante et un orage de cuivres, l’orchestre composé exclusivement de femmes met les danseurs masculins en transe.

 

Visionner le clip


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10/2013

Pèdra Préta

Bom Pa Ti

(Unit Records 2012)


[jk] Jeter des ponts vers le jazz n’est pas toujours une mince affaire. D’origine italo-helvético-brésilienne, le Trio Pèdra Préta a pourtant tenté l’exploit en douze chansons. Si la première écoute est quelque peu épineuse, l’album intégral s’avère être une aventure acoustique plus que gratifiante. Tout débute sur un air de samba au rythme tarabusté: la voix entonne une mélodie apaisante tandis que basse et guitare s’affrontent en duel avec des échappées de pizzicatos rythmiques. Si le deuxième paragraphe pose un défi aux accents funky, le troisième permet à la basse de ses tailler la part du lion pendant que la guitare acoustique s’éclipse sur un air de bossa nova. Chaque chanson évolue dans son univers propre. Batterie et percussions livrent des tempi hétéroclites et casse-cou tandis que guitare et basse se soutirent mutuellement le rôle de leader - encore un achoppement sonore, la guitare peut grincer! Ici, il s’agit avant tout de ne pas perdre le fil. Et lorsque s’achève l’écoute, on peut se demander: est-ce du jazz, du funk, des grooves brésiliens?... La réponse: une musique insolite, passionnée, aventureuse, mais avec les pieds bien sur terre. À découvrir en concert en Suisse dès la mi-octobre! [Dates des concerts]

 

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06/2013

Yang Jing & Christy Doran

No. 9

Leo Records (2013)


[thb] En 1966, Yehdui Menuhin et Ravi Shankar joignirent leurs talents pour donner lieu à leur légendaire session « East Meets West ». Aujourd’hui, la virtuose de la pípa Yang Jing et le magicien de la guitare électrique Christy Doran démontrent ce à quoi pourrait ressembler un tel pont musical au XXIème siècle. Taillé dans un bloc monoxyle de bois, la pípa est un luth chinois qui contemple la guitare électrique centenaire du haut de 2’000 ans d’histoire. Malgré une différence d’âge qui force le respect, le son de ces deux instruments n’est pas fondamentalement très différent. Quant aux compositions, elles sont tantôt de Jing, tantôt de Doran. Le duo joue ensemble depuis 5 ans – ou plutôt, il s’encadre, s’enjolive, s’embellit mutuellement. Au sein de leur petit fuseau horaire privé, les deux musiciens se confrontent dans le plus grand respect: même lorsque les notes de Doran se distordent, jamais ils n’écrasent la tendre pípa… et dans l’atmosphère bluesy et sensuelle de « Shadows of Roses », Jing se charge du transfert vers d’autres sphères musicales. Les sept morceaux ne revêtent pas seulement des noms botaniques, mais évoquent également des univers où le végétal est roi: des praires émaillées de fleurs, le vent dans les feuillages, des haies bourdonnantes d’insectes… et où, à chaque fois, les hommes sont absents des jardins mystérieux dont le duo nous a ouvert les portes.

 

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04/2013

Yilian Cañizares

Ochumare

Naïve (2013)


[es] C’est ce qu’on appelle avoir la vocation. A deux ans, la Cubaine Yilian Canizares se voit déjà sur les planches. A sept ans, elle a le coup de foudre pour le violon. Elle se met à étudier piano et violon dans le cadre de l’option musique qu’elle choisit dès l’école primaire. Plus tard, alors qu’elle poursuit ses études de musique classique, la musicienne et chanteuse s’essaie au jazz dès que ses professeurs ont le dos tourné. Résidant aujourd’hui à Lausanne, Yilian Canizares fait paraître son premier CD sous son nom, « Ochumare » (littéralement l’Arc-En-Ciel). Jusqu’à récemment, Ochumare était aussi le nom de son groupe constitué d’excellents musiciens d’ici et d’ailleurs (le Suisse Cyril Regamey à la percussion, le Vénézuélien David Britto à la contrebasse et le pianiste français Abel Marcel). Ensemble, ils se sont fait remarquer sur les scènes de Suisse romande et alentours. « Ochumare » le disque, montre aujourd’hui le chemin parcouru et rassemble la somme de ces influences. S’abreuvant à la source des musiques cubaines et de la santeria, s’appuyant sur une technique parfaite, il est traversé de bout en bout d’un feeling jazz et s’envole ici et là dans des soli inspirés.

 

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04/2013

Trio Interkontinental

„Silk Road Suite. A musical expedition“

Narrenschiff (2012)


[thb] Le trio intercontinental rend hommage à son nom en s’embarquant dans une expédition musicale le long de la route de la soie, de Zurich au Kirghizstan. L’équipement est minimal: une viole de gambe aux accents rauques, un luth au son contourné, une guimbarde ainsi que divers instruments de percussion (Abduvali Ikramov) mettent en scènes des rythmes complexes en aiguillonnant les instrumentalistes (Martin Schumacher et Jusuf Aisaev). Les instruments accompagnent des chants issus de la musique courtoise traditionnelle d’Asie centrale, le shashmaqam. Ici, la clarinette parfois presque trop séductrice de Martin Schumacher déploie ses mélodies en reprenant différents thèmes. La première composition complète de Schumacher affiche sa griffe stylistique inclassable, évitant les débordements tout en laissant suffisamment de place à l’improvisation. Enregistré dans l’antre chaleureux de la cave de l’ONO à Berne, le concert se déroule sur 10 étapes: la vision du voyage, la route cahoteuse, les cieux éblouissants semés d’étoiles, les jaillissements inattendus de la rivière bouillonnante, le désert brûlant, les montagnes, l’orage, la neige profonde, les brouhahas urbains et pour terminer, la nuit. Les paysages défilent à toute vitesse, les pensées s’enchaînent… nous laissant avec le sentiment d’être réellement partis en voyage.

 

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04/2013

Buddhist Monks from the Punakha Dzong Bhutan

„Rituals“

Electric Mermaid Music Production (2012)


[thb] L’album démarre sur une note profondément mystérieuse: 14 moines bouddhistes du Bhutan y murmurent leurs prières dans leurs voix ténébreuses et bourdonnantes, répétant leurs invocations divines dans un rythme méditatif et lancinant. Cette note mystérieuse, cet album la préserve sur toute sa longueur: tantôt les chants sont paisibles et ineffablement lents, tantôt ils se superposent pour donner lieu à des textures rythmiques dramatiques. Accompagnés de tambours, de cloches et de cymbales, ils se voient relevés de trompes et de chalemies stridentes.

Suivant leur concert du Volkskulturfest Obwald en juillet 2012, les moines se sont rendus dans un studio d’enregistrement à Stalden. Le résultat n’est pas seulement un cadeau-souvenir de leur premier voyage à l’étranger, mais aussi un véritable trésor pour les ethnomusicologues doublé d’un choc culturel aussi délicieux qu’hypnotique pour les auditeurs occidentaux. Si les textes du livret et le site Internet de l’album (buddhistmonksbhutan.com) ne parviennent pas réellement à nous rapprocher de cette musique rituelle fermement ancrée dans la culture monastique, l’étincelle spirituelle nous en est toutefois transmise sans grandes explications, plongeant l’auditeur dans un univers profondément dépaysant.

 

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02/2013

Wilber Calver

"Diaspora"
Alex Wilson Records (2012)


[jk] Imaginez un peu: d’un côté, la danseuse cubaine gracile avec son envolée de jupes à chaque déhanchement. De l’autre, le danseur irlandais, un soupirant quelque peu raide à la posture impeccable. Les protagonistes dansent ensemble. Lorsque la femme mène le mouvement et qu’elle emporte son admirateur dans le tourbillon de ses mélodies fluides et coulissantes, la danse se revêt d’une légèreté confondante. Toutefois, le héros irlandais revient volontiers au rythme de base de son instrument. Le pouls de la cornemuse se traduit par un reel rythmé ou un jig plus enjoué. C’est alors que la pose du pied s’avère plus importante que la levée et l’envolée…

Cornemuse celte et grooves cubains affichent une parenté incontestable – en effet, les Espagnols et les Irlandais ont bourlingué sur les mers depuis des siècles, s’échouant sur des rivages inconnus. Tous deux sont des peuples fiers qui se retrouvent volontiers sur un terrain stylistiquement perméable, par exemple dans le jazz où les frontières du rythme et de la mesure s’estompent et se décalent. Wilber Calver, un Cubain débarqué en Suisse, s’est donné pour mission de conquérir ce monde nouveau.

 

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12/2012

Urumchi

"Nar(r)"

Leo Records (2012)


[ma] En 2004, après une enfance et une jeunesse passées à Istanbul, la chanteuse kazakhe Saadet Türköz se rendit dans le pays de ses parents. En collaboration avec des musiciens locaux, elle enregistra son album «Urumchi» à Almaty, puis à Pékin. À la différence de ses albums et concerts précédents, cette Zurichoise d’adoption connue pour sa musique expérimentale et improvisée nous livre sur cet opus des chansons pour la plupart accompagnées de manière plutôt traditionnelle par la dombra, un luth à manche long. «Urumchi» est également le nom de sa formation actuelle qui comporte Hans Hassler (accordéon), Alfred Zimmerlin (violoncelle) et Fredy Studer (percussions), et dont le CD «Nar(r)» tend une fois de plus vers des réalités simultanées. Cette musique à la conception très ouverte tant du point de vue harmonique que rythmique laisse également de grandes libertés aux auditeurs: pour les uns, elle évoque des territoires balayés par un vent sonore où dansent les chevaux et où crépitent les feuilles, pour d’autres, il s’agit d’univers sonores incarnant une dimension en tant que telle. Il convient toutefois de se rappeler que cette musique est dotée d’une présence physique: le corps et l’acoustique y jouent un rôle décisif qui déploie toute sa saveur lors des concerts. Pour y goûter, courez vite au vernissage de l’album le 15 décembre au Walcheturm de Zurich!

 

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11/2012

Trio Kazanchis

"Amaratch Musica"

Buda Music/Ethiosonic (2012)


[es] Non seulement l’ethio jazz est le nouveau style africain en vogue, mais on dirait que les rythmes éthiopiens sont propices à toutes les digressions musicales, du jazz au rock. Aujourd’hui, c’est au tour du Trio Kazanchis de débouler dans la collection Ethiosonic du label Buda music pour bousculer les règles du genre. Une approche assez logique puisque ce groupe constitué du joueur de krar et chanteur Mèssèlè Asmamaw, d’un ex-punk hollandais résident à Zurich (Jeroen Visser, claviers et saxophone) et du batteur toulousain (Fabien Duscombs, un transfuge du Tigre des Platanes). Ces trois-là se sont rencontrés à Addis Abeba. Ils ont véritablement démarré leur groupe il y a deux ans, lors d’un mémorable concert à la Cave 12 à Genève. Ensemble, ils surfent sur les rythmes, glissent de l’acoustique à l’électrique. On reconnaît ici et là quelques thèmes connus. Le chant de Mèssèlè amène un peu de douceur dans cet univers sinon passablement improvisé, funky et délirant qui propose même une rumba amhara.

 

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11/2012

Jackson Wahengo

Akutu hewa
(2012)


[ma] Depuis le 1er novembre, le premier album de Jackson Wahengo peut être téléchargé sur iTunes, Spotify et Amazon; quant au CD, il sortira ces prochains jours. Genevois d’adoption, le chanteur et guitariste namibien a enregistré son opus à Windhoek avec des musiciens locaux et quelques-uns de ses accompagnateurs helvétiques. Les 14 chansons nées de sa guitare groovy allient les rythmes et les chants du sud de l’Afrique aux influences du jazz, de la rumba, du zouk et du reggae. Jackson a grandi dans les camps de réfugiés angolais: ses chansons en langue oshiwambo racontent des histoires d’un pays rarement représenté sur la scène musicale internationale. Le contenu de l’album «Akutu Hewa» et les images du clip vidéo «Kalomoh» prouvent toutefois bien que cet artiste talentueux et sa musique méritent largement de se faire connaître. C’est avec impatience que nous attendons ses concerts en Suisse!

 

- Vidéo sur Youtube

- Akutu Hewa chez Amazon


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07/2012

Samir Essahbi

Dounya
(2012)


[jk] La production est souvent une affaire de famille. Dans le cas de  Samir Essahbi, il s'agit d'une famille très élargie, dont une moitié vit en Suisse et l'autre au Maroc, comme le laisse à supposer le sous-titre de l'album: «The Marokko Suisse Project». La structure des morceaux a été mise au point en Suisse, les arrangements et les finitions au Maroc. Au cours de sa carrière marocaine, Samir Essahbi a joué et chanté avec des musiciens aux styles musicaux les plus variés. Une expérience qu'il met à profit aujourd'hui. Avec ses deux frères, ils forment un trio de percussionnistes – rien d'étonnant à ce que leurs chansons soient structurées par ces rythmes, auxquels viennent s'ajouter une foison de mélodies et d'arrangements. On y trouve du chaâbi, un peu de raï, le cliquetis des qraqeb – ces castagnettes en fer utilisées par les Gnaouas – et même des accents latinos. S'il l'on veut émettre une critique, on dira que certaines mélodies auraient pu être plus travaillées, et que les sons au keyboard sont parfois un peu trop conventionnels. 

 

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05/2012

Nilsa & Maning Nice

Eu Sou de Cor
(2012)


[jk] Scène funk, c’est ce que présente le groupe de Nilsa, chanteuse du Mozambique, sur leur troisième album. Cela devient une évidence lorsque l’on constate d’où sont issus les musiciens du groupe « Maning Nice » : Funky Brotherhood, James Brown Tribute Band ou Grandmothers’s Funk. Ainsi c’est clair que dans cette ambiance, aucune résistance nerveuse ne subsiste !
Nilsa raconte des histoires de ses deux patries, le  Mozambique et la Suisse, dans un doux mélange de rythmes rapides et de mélodies qui s’y rapportent. Pour l’enregistrement de deux chansons, elle s’octroie la collaboration de Freda Goodlet en Studio. L’ambiance prend la direction de la soul urbaine. Puis Rolf Mosele gratte sur les cordes de sa guitare et avec quelques rifs secs fait basculer le groupe dans le rock. Ici une dose brésilienne, là une prise de sucre ce qui rend le mélange attrayant et détendu. Au travers de ce nouvel album, la troupe ne s’est pas essayé, coûte que coûte, à sonner africain. Cela rend l’album serein et innovateur avec des sonorités variées et colorées.

 

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05/2012

The Fellowship of the Drums

Un film de Martin Fuchs
The Washing Line 2011


[ma] « Nous sommes comme un batteur avec quatre batteries », explique Kesivan Naidoo devant la caméra. Même s'il est souvent enthousiaste au cours du film (d'une petite heure) racontant l'aventure « Beat Bag Bohemia », le batteur sud africain né en 1979 ne l'est toutefois pas toujours. Il se montre ainsi profondément bouleversé et contrarié par Lucas Niggli, batteur suisse - également en charge du projet - qui, au cours de la grande tournée en Afrique et en Europe, a ajouté au programme un concert dans une township d'Afrique du Sud. Né en 1968 au Cameroun, Lucas Niggli y a passé ses sept premières années. Grâce à Pro Helvetia, il a été « Artist in Residence » au Cap en 2006, où le projet « Beat Bag Bohemia » a vu le jour, avec la participation également de Rolando Lamussene du Mozambique, et du Suisse Peter Conradin Zumthor. Martin Fuchs, qui a lui-même habité au Cap pendant trois ans, a accompagné le groupe lors de leurs nombreux concerts en 2007. Jouant sur l'aspect humain et musical, il livre le portrait - très réussi - de quatre musiciens, qui, avec une énergie et un plaisir de jouer restés intacts, étaient à nouveau en tournée ensemble en 2011.


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04/2012

4tet - Different Song

Yang Jing, Michel Wintsch, Bänz Oester, Norbert Pfammatter
"Step in to the Future"
www.leorecords.com (2012)


[tbb] En Chine, Yang Jing se produit dans des grandes salles de concert. En Suisse, elle explore le jazz et la musique expérimentale, laissant retentir le son du pipa et du guqin dans un mélange plein de diversité, de poésie, de virtuosité et de force. « Step in to the Future », l’album qu’elle a sorti avec son groupe suisse « 4tet – Different Song », nous fait profiter de ses dernières expérimentations. Avec Norbert Pfammatter (à la batterie), Yang Jing s’adonne à des passages rythmiques riches en variations, avec Michel Wintsch (au piano), elle se livre à un jeu de tonalités plus ou moins tempérées, et avec Bänz Oester (à la contrebasse), elle part à la recherche de phrasés à la croisée du jazz et de la musique chinoise. « En Suisse, je trouve le temps de m’écouter », explique Yang Jing. « Dans ma maison, ici à Aarburg, je suis très proche de la nature. Dans la Chine ancienne, vivre en harmonie avec la nature était considéré comme le but ultime. En Suisse, je trouve le calme et la distance nécessaires à mon art. Je suis en mesure de réfléchir et de m’interroger : Que fais-je exactement ? Qu’est-ce qui est réellement important ? » Riche en compositions palpipantes (comme par exemple «Noire meg» ou «Water Lily»), en tonalités d’une grande diversité et en chemins inexplorés, le dernier album de Yang Jing et ses musiciens en impose. A écouter et à réécouter.

 

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12/2011

Ochumare

"Somos Ochumare"
2011


[ma] Pour l’enregistrement de son deuxième album, Yilian Cañizares s’est laissé inspirer par l’atmosphère unique de sa ville natale. Chanteuse et violoniste d’origine cubaine vivant à Lausanne, elle a fait le voyage jusqu’aux studios de La Havane avec son groupe « Ochumare » pour enregistrer une dizaine de chansons qui mêlent latin-jazz, son cubain, tango argentin et même une pointe de swing. Des mélodies aux accents familiers s’élèvent parfois pour ensuite voguer vers d’autres horizons sonores. Pity Cabrera, pianiste cubain, David Brito, bassiste vénézuélien, et Cyril Regamey, batteur suisse, entourent la voix sonore et élégante d’Ylian et son violon friand d’improvisations. On remarquera aussi la présence de musiciens invités, tels que Lino Lores, qui, au deuxième morceau de l’album, fait retentir de manière virtuose le tres cubain, ou encore Julio Padrón, qui interprète deux beaux solos de trompette. L’album soigné d’un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler.

 

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11/2011

National Fanfare of Kadebostany

Songs from Kadebostany
Mental Groove Records (2011)


[tbb] Des vaches mugissent, une chèvre bêle : de la musique comme on l’aime.  La National Fanfare of Kadebostany est un mélange de percussions polyrythmiques distordues, de mélodies venues de l’Est et d’électro minimale créant des clicks & cuts secs par ci, des échos de dub par là. Alors que les chanteuses fredonnent en biélorusse des airs obsédants ou de la disco-pop raffinée, les cordes injectent un peu de musique contemporaine à l’ensemble. Grâce à des arrangements surprenants, cette matière s’épanouit en une multitude de mondes sonores. Concision et caractère particulier, voilà ce qui réunit Kadebostan, spécialiste genevois de la musique électronique, l’orchestre de chambre biélorusse Rational Diet et les nombreux autres musiciens invités (parmi lesquels Joy Frempong). La National Fanfare of Kadebostany fait partie de ces groupes romands du moment qui prennent plaisir à expérimenter avec fraîcheur et un poil d’effronterie les sonorités et les rythmes d’Asie, d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Grâce à internet et aux billets d’avion à bas prix, une nouvelle musique pop globalisée émerge : leur dernier album en est la preuve. Loin des sonorités mélodieuses et complaisantes de la World-Music, ces expérimentations pop transculturelles s’attaquent aux clichés de manière offensive et spontanée.

 

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09/2011

Baye Magatte

Djèm
Brambus Records (2011)


[ma] Depuis son album « Aywa » en 2008, dont près de la moitié a été enregistrée à Dakar, et son apparition au festival Afro-Pfingsten en 2009, Baye Magatte a su rassembler autour de lui une ribambelle de musiciens résidents en Suisse, avec qui il a activement travaillé le son et les arrangements de son nouvel album « Djèm », sorti en août 2011. Un album qui regroupe pas moins de 22 musiciens, trois guitares et une foule de percussions qui tissent des structures rythmiques intenses, portant la voix sonore de Baye Magatte. Le mbalax sénégalais, agrémenté de structures reggae et latinos, résonne dans toute sa puissance, particulièrement lorsque la section mélodique, empruntée à King-Kora, se fait entendre. Chantés en wolof, les textes des chansons sont traduits en trois langues dans le fascicule, ce qui ne présente pas un attrait particulier étant donné la simplicité des poèmes en question. En revanche, voir Baye Magatte mettre en scène cette musique avec son groupe de dix musiciens promet d’être intéressant. Deux occasions pour cela : le 24 septembre lors de la soirée organisée au Sud Basel en l’honneur du lancement du nouvel album, et le 21 octobre au Moods à Zurich.

 

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05/2011

Praed

Made in Japan
Annihaya Records (2011)


[tbb] Praed, le duo composé du Bernois Paed Conca et du Libanais Raed Yassin, attire la curiosité par son carrousel multicolore désordonné. Dans leur deuxième album « Made in Japan », les sonorités pop partent à la rencontre de techniques musicales expérimentales, et des expressions acoustiques au parfum d’hier et d’aujourd’hui s’entremêlent : Raed Yassin chante sur un sample de la star pop égyptienne Mahmoud El Husseini, mimant l’artiste solo au piano et au synthétiseur alors qu’une conduite d’eau éclate dans la salle de bain... S’ajoutent à cela des voix japonaises, des cris, des salves d’armes à feu et des grooves dub. Les rythmes et les sons tournoient sans fin, tel le carrousel d’une fête foraine aux sonorités poussiéreuses et nostalgiques. Des tonalités kitsch et cheap se mêlent à la boucle du tambour, venant de nulle part et allant vers le néant, inlassablement. Le tout est passé au hachoir puis retravaillé grâce à des techniques de musique expérimentale : mélodies disséquées de contrebasse et de guitare basse, variété de jeux musicaux à la clarinette, scratches sur tourne-disques et magnétophones. Un commentaire sur le caractère aléatoire, divergent et errant du matériel acoustique qui nous entoure. Un plaidoyer pour un monde sans frontières, ouvert et fou.

 

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05/2011

Da Cruz

Sistema Subversiva
Six Degrees Records (2011)


[tbb] Berne se métamorphose en petite capitale de la World Music 2.0... Le producteur bernois Wildlife! prépare actuellement le nouvel album de l’artiste jamaïcaine Terry Lynn, et le Club Bonsoir organise de nombreux concerts avec des stars montantes venues d’Afrique ou d’Amérique latine. Da Cruz, le duo bernois composé de Mariana Da Cruz, Brésilienne bernoise, et de Ane Hebeisen, journaliste musical et producteur, également originaire de Berne, vient de sortir son troisième album « Sistema Subversiva » sous le fameux label américain Six Degrees Records. Da Cruz, c’est d’abord un flot agressif propre au Kuduro angolais, mais aussi des colorations brésiliennes plus familières et de la pop à succès avec le titre « Papo De ». Ane Hebeisen arbore beats anguleux et sonorités tirées du jazz, du rock, du metal et de la pop. La fusion entre musique de club et CD à écouter n’est pas toujours réussie, et, trop souvent, la musique et le chant se croisent sans se trouver. Un groupe qui pourrait évelopper sa puissance musicale.

 

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05/2011

The Faranas

Who Are You?
(2011)


[tbb] Le groupe bernois The Faranas et ses dix musiciens s’offrent une parade avec leur premier album « Who Are You ? », un mélange unique d’afrobeat, de jazz, de funk et de soul. Riffs d’instruments à vent raffinés, polyrythmies variées et solos chantés en anglais, en wolof ou en afrikaans s’épanouissent dans des arrangements surprenants pour créer une image sonore variée des plus impressionnantes. Chaque note, chaque contre-rythme, chaque parenthèse ajoutée au hasard, laisse ressentir la joie que cette working band éprouve à jouer ensemble. « Farana », qui en anglais pidginisé du Nigéria veut dire « étranger », pourrait se rapporter aux musiciens eux-mêmes, qui touchent en effet à tous les styles musicaux : Mory Samb, par exemple, Bernois sénégalais, s’adonne au chant griot d’Afrique de l’Ouest, Jan Brönnimann au jazz électro, Daniel Bohnenblust au funk, et Tonee Schiavano au rap et à la urban music. The Faranas ont débuté en 2005 sous le nom de The Fellas, une cover band reprenant les morceaux de Fela Kuti – des années d’expérience musicale commune qui se ressentent bien dans leur musique. L’ensemble est peut-être un poil trop précis ou trop parfait et on regrette qu’il n’y ait pas davantage d’espaces consacrés à l’improvisation.

 

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03/2011

YES WE CAN - Songs about leaving Africa

Outhere Rec (2010)


[rh] La dernière compilation en date de musique urbaine africaine du label Outhere Rec tourne autour du thème de la migration illégale, exprimée par le biais de morceaux hip-hop. De jeunes musiciens de l’ouest, de l’est et du sud de l’Afrique font part de leurs expériences avec la diaspora en anglais, français, créole et wolof. Les chansons évoquent le mal du pays, les rêves de prospérité, la difficulté de quitter son pays ainsi que les revers de fortune encaissés en Terre promise malgré la promesse d’une vie meilleure.
 Ainsi, Raptourous raconte l’histoire d’un Nigérian en quête de fortune en Allemagne malgré l’interdiction de rester dans le pays. Quant au rappeur somalien K’Naan, il évoque l’importance d’envoyer l’argent gagné en exil à la maison. Pour CAPSI Revolution de Dakar, l’émigration illégale prive le continent de ses meilleurs citoyens pour les «donner en pâture aux poissons dans les profondeurs de l’Atlantique».
Réfutant tout romantisme «Mama Africa», les morceaux compilés sur Yes We Can sont crus, directs et débordants d’énergie musicale insolite. Un album qui n’offre pas seulement un aperçu de l’œuvre d’artistes hip-hop africains émigrés, mais qui témoigne également de son époque.

 

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02/2011

Julio Azcano

Nadear
altrisuoni (2010)


[rh] L’œuvre instrumentale du guitariste argentin Julio Azcano et de son trio Nadear se situe à un croisement de genres, entre les influences de l’improvisation jazz, du classique et de la musique latino-américaine. Le jeu sophistiqué et par fréquemment virtuose d’Azcano se lie aux rythmes du percussionniste Claudio Spieler ainsi qu’aux mélodies jazzy empreintes de tradition européenne du flûtiste autrichien Günter Wehinger pour donner lieu à un maelström musical dynamique.
 Au fil de compositions personnelles et empruntées, des passages sphériques pleins de légèreté font place à des envolées virtuoses à la densité rythmique remarquable. Ici, la complexité flirte avec la simplicité, tandis que la sophistication technique embrasse un ludisme et un plaisir d’instrumentaliste audible. Le trio surmonte ces apparentes contradictions avec nonchalance, mêlant ainsi diverses traditions pour donner lieu à une expérience acoustique fascinante.

 

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01/2011

Modus Quartet

Mosaic (2010)


[tbb] Le Modus Quartet interprète un «oriental jazz» plein de fraîcheur comme on l’entend rarement. Sur leur album «Mosaic», les quatre musiciens alignent une brochette très diverse de mélodies, de gammes et de rythmes: ainsi, l’Israélien Omri Hason, Bernois d’adoption, déploie un jeu de percussions pointu et en constant mouvement. Ici un break, là un nouveau rythme, tantôt accéléré, tantôt ralenti, en toute subtilité. Wege Wüthrich exécute des passages de saxophone et de clarinette pleins de fantaisie, tandis que Lorenz Beyeler encadre étroitement ses collègues avec des lignes de contrebasse ludiques, mais d’une grande précision néanmoins. Le Palermitain Antonello Messina extrait de son accordéon des sons mélancoliques sans toutefois négliger l’expérimentation avec une vaste palette sonore. Quant au hang, instrument bernois à succès par excellence, il ne saurait manquer au rendez-vous. Un album qui allie avec brio poésie et expérimentation.

 

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12/2010

Maciré Sylla

Talitha (2010)


L’album «Talitha» de la guinéenne établie à Genève Maciré Sylla mise sur un concept sonore à la production sophistiquée. Guitares électriques et acoustiques, pianos, keyboard, synthétiseur, basse électrique, flûtes, saxophone, trompettes, kora, balafon, tama, sans oublier les voix de la chanteuse et de ses choristes – tous ces éléments sonores se positionnement avec carté entre le premier plan et la toile de fond, entre les canaux stéréo de gauche et de droite. Cette production pop réalisée par un grand nombre de musiciennes et musiciens d’Afrique et d’ailleurs résidant en Suisse affiche des airs de pot-pourri d’une grande densité. Bien souvent, il est difficile d’anticiper quand, où et comment les instruments intègrent le paysage sonore. Les meilleurs moments de l’album comportent la voix puissante de Maciré Sylla sur des rythmes chaloupés et des arrangements complexes (par exemple sur le morceau «Sabar»); ces derniers (au même titre que le son) sont essentiellement l’œuvre de son époux Cédric Asséo. La merveilleuse balade «Frediyo» constitue un temps fort de l’album: «Frediyo, j’ai peur des gens depuis que j’ai cessé de travailler», chante Sylla. Quand à l’interprétation de ces lignes, elles les laisse à l’auditeur…

 

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11/2010

Kara Sylla Ka

Yolélé («Back to Basics»)

Lugeon Distributions (2010)


[es] «Yolélé est un chant et une danse peul. A l’âge de 7 ans, je chantais et scattait la mélodie de cette chanson, normalement jouée au violon traditionnel. Cela faisait beaucoup rire toute ma famille et, quand ils avaient besoin d’animation, ils m’appelaient pour que je fasse cette imitation». Avec «Yolélé», Kara Sylla Ka, l’auteur-compositeur sénégalais basé à Genève, fait le bilan d’une carrière déjà bien remplie. Et tire des liens entre le blues peul de ses origines (la région de Bakel au Nord du Sénégal), ses années formatives au sein de différents Ballets Africains et son ouverture vers d’autres sonorités depuis qu’il mène depuis quatorze ans une carrière sous son nom en Suisse. Fort de son expérience sur scène, Kara a décidé pour ce troisième album de s’offrir une orchestration plus soutenue. Piano, harmonica et cuivres se donnent donc la répartie pour conjuguer musiques traditionnelle, blues, jazz et même rap en compagnie du Genevois Jonas. Un pari audacieux que Kara remporte haut la main !

 

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En concert : Lausanne, les Docks, en première partie du concert de Tiken Jah Fakoly, vendredi 3 décembre, 20 h 30.  Genève, Sud des Alpes, vendredi 10 décembre.


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11/2010

Carlos Dorado

Ciao Villa Sonja
Accoustic Music Records (2010)


[ma] Durant de nombreuses années, le guitariste argentin Carlos Dorado a organisé des concerts dans sa propre maison, la Villa Sonja à Perles. Suite à son déménagement, il a fait ses adieux à son ancien domicile et lieu de travail avec un nouvel album intitulé «Ciao Villa Sonja». Parmi les 10 compositions, on compte un duo avec le célèbre virtuose des cordes Quique Sinesi avec le titre «Bajo el Tilo» (sous le tilleul), composé après un des nombreux concerts dans le jardin de la fameuse villa. Le second partenaire duettiste sur l’album est Victor Villadangos, également hôte à Perles en 2009: ensemble, les deux musiciens nous livrent une version ludique d’un malambo, la danse traditionnelle des gauchos de la pampa argentine. À travers les six morceaux solo du CD, Carlos Dorado séduit son public avec un style précis, expressif et souvent bien rythmé ainsi que des compositions personnelles qui mêlent habilement des éléments de folklore, de jazz et de musique classique, et qui sont souvent interprétées avec un accordage spécial de la guitare. Les partitions de sept de ses compositions viennent d’ailleurs d’être publiées sous forme de livre chez l’éditeur américain Mel Bay Publications.

 

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11/2010

Nilsa

Aphale (2010)


[tbb] Lors d’une tournée avec le groupe de hip-hop Djovana en 1997, la chanteuse mozambicaine Nilsa fit la connaissance de son époux, le guitariste et producteur Rolf Mosele. En 2005, le duo sortit son premier album intitulé «Mamà», désormais suivi par un deuxième opus, «Aphale». En collaboration avec Pascal Kaeser (basse), Thomas Bauser (orgue Hammond et Rhodes) et Boocy Aebi (batterie), leur musique mise tantôt sur des paroles percutantes accompagnés de batterie, tantôt sur des passages mélodieux pleins de douceur oscillant entre pop, funk et reggae. L’équipe est complétée par Mr. Arssen, rappeur mozambicain vivant à Berne et dont la voix figure sur deux morceaux. Nilsa, qui a suivi une formation continue en chant et en théorie de la musique à l’École de jazz de Berne, rappe et chante en portugais et en cena, un dialecte local. Les chansons parlent d’amours plus ou moins heureuses, du machisme («Eu So Como So»), de la corruption au Mozambique («Quarto Escuro»), du bonheur d’être mère et de la dépression post-natale («Njala»). Entre-deux, Nilsa entonne brièvement des chants traditionnels, et à la fin de l’album, le benjamin de la famille se joint au chœur et éclate de rire. Un véritable projet familial.

 

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09/2010

Kamilya Jubran & Werner Hasler

Wanabni

Zig-Zag Territoires/Musicora (2010)


[tbb] Depuis 2002, la Palestinienne Kamilya Jubran et le Bernois Werner Hasler explorent les territoires musicaux qui s’étirent entre la musique arabe, le jazz et l’électro. Sur leur deuxième album intitulé «Wanabni», la voix de Kamilya Jubran s’attaque aux ¾ de tons arabes (maqâm), aux gammes par tons et aux séries harmoniques, tandis qu’Hasler tire de sa trompette des sons aux textures les plus diverses. Les deux musiciens y mêlent l’oud, des samples de bruitages digitalisés et des sons électro minimalistes pour donner lieu à une musique organique et éminemment personnelle.

D’un côté, cette musique se rapproche du tarab arabe: dans le titre-phare «Wanabni», Jubran et Hasler développent petit à petit leur matériel sonore pour créer un long fil conducteur qui gagne progressivement en intensité. En revanche, lorsqu’Hasler interagit librement avec la voix de Jubran à l’aide de sa trompette, «Wanabni» se revêt soudain d’un air de jazz. Enfin, des fragments sonores digitalisés nous révèlent des mélodies minimales au synthé tandis que des samples d’oud et de chant soutiennent le morceau sans pour autant perturber le flux musical.

Kamilya Jubran et Werner Hasler communiquent à partir du canon de leurs origines musicales respectives dans un esprit ludique et insolent, sans jamais toutefois rompre les correspondances. Un projet à long terme impressionnant.

 

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08/2010

Nana'N'Kho

Doumadiaoulo (2010)


[tbb] Nana Cissokho est né à Dakar, où il apprit à jouer de la kora et à chanter le mandingue avec son père, le célèbre joueur de kora Soundioulou Cissokho. Depuis 1998, Cissokho habite en Suisse où il se produit avec diverses formations de renom dans des contextes les plus divers – par exemple avec les groupes Taffetas ou Keur Sénégal. Avec son nouveau groupe Nana’N’Kho, il vient de sortir l’album «Doumadioulo», enregistré à Dakar et à Paris. La musique découle d’un potpourri de styles issus d’Afrique occidentale, tels que le mbalax sénégalais, mais se revêt également d’éléments de salsa et de reggae. Quoiqu’il en soit, le résultat est toujours organique et naturel: virtuose, le jeu de la kora s’allie à la plénitude des mélodies de guitare, tandis que la batterie et la basse confèrent à l’ensemble une note populaire. Le dialogue entre le chanteur Nana Cissokho et ses trois choristes fond dans l’oreille – une musique à la fois versatile et bien ancrée dans les traditions.

 

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06/2010

Paz Luaces

Timeless Cuba
(2010)


[tbb] Bernoise d’adoption, Paz Luaces a déjà chanté avec Polo Hofers Schmetterband, donné des concerts avec la légende du jazz Ray Anderson et a pris la scène avec l’ETH Big Band de Zurich. Désormais, la chanteuse réalise un vieux rêve en enregistrant des chansons traditionnelles de sa patrie, Cuba. Sur «Timeless Cuba», son nouveau CD, elle embrasse son projet avec passion et conviction. Son amour pour le matériel en question est tangible dans chacune des chansons. Luaces interprète des balades telles que «Juguete» avec une sensibilité à fleur de peau, et des chansons telles que «Sabor a mi» avec une légèreté pétillante. Sa voix trouve le ton idéal pour chacun des morceaux. Quant à son groupe, composé de Lazara Cachao (piano), Antonio el Yuma (batterie), Kées (basse), Juan Carlos Abreu et Enso Verdu (percussions) et Orbe Ortiz (tres), il créé une toile de fond polyrythmique d’une grande précision, qui réussit tout particulièrement dans le morceau «En el Tiempo de la Colonia». Paz Luaces se sent à l’aise dans de nombreux contextes, et cela, son dernier album l’illustre avec brio.

 

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06/2010

Gaza meets Geneva

Collectif de rappeurs de Gaza, Genève et Lausanne: 3ntr, Mady, Bess, Sam, Ma3roof, Ratslab, Baz-Ini, Rynox, La Gale, Poh-Low


[tbb] A l’origine du projet „Gaza meets Geneva“, il y a le film documentaire « Aisheen – Still Alive in Gaza », des réalisateurs suisses Nicolas Wadimoff et Béatrice Guelpa. Le film montre, entre autres, comment les rappeurs palestiniens du groupe Darg Team gèrent le quotidien sous l’occupation israélienne. Sur le CD, les MCs et DJS rencontrent des rappeurs de Genève et de Lausanne – notamment la rappeuse libano-suisse La Gale.
Les morceaux offrent un mélange de rythmes bien forts,  des séquences mélodieuses  arabes, une dose de classique européen, du rap arabe, français et anglais : « Gaza et Genève se rencontrent pour une révolution musicale » déclame  Mady de Darg Team : « Nous engageons la créativité, nous critiquons par le biais du dialogue. Nous offrons notre philosophie dans diverses langues. » Dans son rap, Sam dit : « Genève nous a tendu la main, nous sommes dehors. Il s’est passé un miracle. » Un échange culturel passionnant, qui, nous l’espérons, pourra se poursuivre.

gazameetsgeneva.com

 

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03/2010

Aliev Bleh Orkestar

Svirime! (2009)

Fontastix


[tbb] Cinq cuivres, deux clarinettistes, deux saxophonistes, deux percussionnistes et une voix chaleureuse pleine de charme pour des mélodies traditionnelles en provenance de Macédoine, du Kosovo et d’Inde, relevées d’une bonne pincée de jazz et de culture musicale suisse pour instruments à vent. Voici le Aliev Bleh Orkestar, une grande formation macédo-helvétique en provenance de Winterthour. Les deux multi-instrumentalistes Aliev (saxophone, clarinette, zurna, gajda) et Nehrun Aliev (clarinette, accordéon, darabouka, tapan) sont la force motrice derrière ce groupe, dont le premier CD s’intitule «Svirime!», c’est-à-dire «Jouons!». Un impératif auquel les musiciens se plient avec brio: grâce à un jeu d’une grande précision et des arrangements sophistiqués, des mélodies tsiganes classiques rayonnent sous une lumière nouvelle. Dans le morceau «Postupano Oro», Marem Aliev joue de la gaida, une cornemuse macédonienne dont le son se fait rarement entendre en Suisse. Aliev amorce tout d’abord un solo avec un accompagnement bourdon typique qu’il étouffe pour se lancer dans une mélodie au rythme virtuose évoquant une valse qu’il souligne habilement de cuivres d’une subtilité remarquable. Le rythme gagne progressivement en intensité avant de se heurter à un break abrupt. Une structure qui reflète tout le caractère de cette musique: riche, fabuleusement interprétée et regorgeant de surprises.

 
www.aliev.ch

 


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03/2010

Elina Duni Quartet

Lume Lume
Meta-Records (2010)


[tbb] Elina Duni et son quatuor touchent des cercles de plus en plus larges. Du point de vue musical, ce collectif fonctionne à merveille. Née en Albanie, Duni a grandi à Genève. Elle propose des interprétations nouvelles et insolites de vieilles chansons d’Europe du sud-est, de Grèce et de Turquie. Ses excellents compagnons de route, le musicien de jazz Colin Vallon (piano), Bänz Oester (contrebasse) et Norbert Pfammatter (batterie) se plongent avec elle dans des paysages sonores plus différents les uns que les autres: bidouillant avec des sons intermédiaires et des bruits qui débouchent sur des passages de jazz traditionnel, ils accentuent soudain leur accompagnement avec une verve insoupçonnée. Les mélodies poétiques que Duni chante avec ludisme et naturel de sa voix puissante et rayonnante ne virent jamais au cliché ou au kitsch. Que ce soit en concert ou sur le nouvel album «Lume Lume», cette cohabitation intense est merveilleusement mise en lumière. Au cours de ces prochaines années, le quatuor profitera en priorité du soutien de Pro Helvetia pour ses concerts à l’étranger, ainsi que du management de bee-promotion, la nouvelle agence de l’éminent organisateur de concerts et mécène musical Jakob Flükiger. On est curieux de voir où les emmènera ce voyage!

 


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01/2010

Kabul Ensemble

Taranom
Rameshgar/ENJA
(2009)


[tbb] Il est enfin arrivé, le tout dernier album de l’Ensemble Kabul de Genève. Le père - Hussain Arman - , son fils - Khaled Arman – et sa fille - Mashal Arman – se plongent dans leurs souvenirs de la scène musicale jadis si vivante du Kaboul des années 60. Leur musique est merveilleusement complexe; c’est avec fierté, et même un brin d’entêtement, qu’elle fait son chemin à travers des rythmes modérés. Avec son rubab (un type de luth) aux sons terriens, Khaled tisse les mélodies. Hussain et Mashal l’accompagnent de leurs voix solo chaleureuses et lumineuses. Le résultat est à la fois brut et gracieux – merveilleux, tout simplement! Les morceaux sont pleins de nostalgie: diversité culturelle, profondeur et magie d‘une patrie qui depuis bien trop d’années se définit par les gros titres négatifs qui l’entourent. L‘Ensemble Kabul a joué sur les scènes du monde entier. En 2003, il a même remporté le BBC World Music Award. On se réjouit d’ores et déjà de voir ce que le groupe atteindra avec ce nouveau CD.

 


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01/2010

Ken Zuckerman and Friends

Modal Tapestry
Living Music Traditions & SWR (2009)


[tbb] Ken Zuckerman compte actuellement parmi les meilleurs joueurs de sarod, un genre de luth indien. Depuis un grand nombre d’années, ce musicien américain – véritable expert en matière de dialogue musical interculturel - dirige l’Ali Akbar Khan College of Music à Bâle. Son CD «Modal Tapestry» présente deux enregistrements magnifiques de concerts interprétés en 2000 et 2009 par un ensemble mixte de musiciens indiens, thaïs, européens et américains, ainsi que des membres des orchestres symphoniques de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau. Lors de l’enregistrement de «Modal Tapestry 1» en 2000, les musiciens se donnèrent beaucoup de temps. Ils improvisèrent, se délectèrent de sons et tissèrent peu à peu une mélodie commune qui fut ensuite reprise et soulignée par l’orchestre à cordes. Datant de 2009, «Modal Tapestry 2» est plus direct. Les thèmes sont abordés plus rapidement; ils sont plus longs, nébuleux et complexes. Dans les deux compositions, le digalogue musical réussit: les musiciens se rapprochent prudemment les uns des autres avec un son riche et diversifié qui ne tombe jamais dans la facilité. Une collaboration dense et intense de caractères bien trempés – souvent paisibles et retenus, mais toujours prégnants.

 

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11/2009

Ayres

Taylan Arikan & Julio Azcano
Greenhorn Records 2009


[ma] Légères comme des plumes, deux paires de mains glissent sur les douze cordes d’une guitare classique et d’un luth anatolien à long manche, le bağlama. Souvent implacables, les rythmes succombent périodiquement à une tranquillité mélancolique. Avec une précision et une virtuosité inouïe, les deux musiciens insufflent des mélodies composées et des variations improvisées à des morceaux de musique intenses dans la plus pure tradition des spectaculaires rencontres de guitaristes de légende depuis 1980. Des éléments issus de la musique populaire anatolienne, du classique, du flamenco et du jazz s’entremêlement avec le plus grand naturel. Le bağlama, qui se distingue habituellement dans le domaine du folklore, surprend les auditeurs à intervalles réguliers, déployant tout son potentiel musical entre les mains de l’Istanbuliote Taylan Arikan. Sa sonorité métallique est tempérée par l’impeccable jeu de guitare classique de l’Argentin Julio Azcano. L’interaction donne lieu à un imposant dynamisme sonore ainsi qu’à des dialogues passionnants entre deux instruments à cordes qui ne se rencontrent que rarement, et deux musiciens de talent dont le concert promet d’ores et déjà de grands instants de bonheur.

 


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10/2009

Madou Zerbo

Layidou (2009)
New Healing Sounds


[tbb] Les plus beaux moments du CD de Madou Zerbo vous le prouvent: la musique interculturelle peut être à la fois organique, ludique et même insolite. «Layidou», le morceau-phare, réunit Adolphe Kinda au balafon et Marc Liebeskind à la guitare électrique pour un dialogue musical des plus intimes. Les mélodies sont interprétées avec de petites haltes et des accélérations subtiles, tissant ainsi une étoffe musicale aux décalages constants et délicats. Au cœur de cet album, Madou Zerbo, musicien et chanteur né au Burkina Faso en 1970 et issu d’une famille de chanteurs griots. Très jeune, il maîtrisa la kamélé n’goni, une harpe-luth semblable à la célèbre kora, et qui est associée à la caste des chasseurs. Depuis 1997, Madou Zerbo vit à Genève et explore son répertoire en compagnie de musiciens de la région et du Burkina Faso. Sur «Layidou», il expérimente avec diverses constellations musicales: tantôt il se tient tout près du microphone pour chanter et réciter des textes dans le style griot, tantôt il joue de son instrument complexe en solo, tournant les phrasés musicaux dans différentes directions; enfin, il chante sur des phrasés de blues et les sons indiens de la sit-guitar. L’ensemble ne trouve pas toujours la même fluidité de jeu que le morceau phare; toutefois, les développements futurs de ce «working band» peuvent être anticipés avec le plus grand plaisir.

 


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09/2009

Praed

The Muesli Man

Creative Source Recordings (2009)


[tbb] Paed Conca, clarinettiste et bassiste bernois, et Raed Yassin, contrebassiste et électro-acousticien libanais, jouèrent ensemble pour la première fois en 2006, à l’occasion du Festival international de musique expérimentale «Irtijal» à Beyrouth. Depuis, ils se produisent en duo sous le nom de Praed, présentant les résultats d’une longue collaboration interculturelle: des morceaux denses, évoquant des collages, et qui dans un premier temps laissent l’auditeur perplexe. Le premier album de Praed s’ouvre sur le morceau «The Man Who Lost All His Friends (with Japanese Subtitles)», qui est divisé en 34 segments de 17 à 49 secondes. Tout d’abord, nous entendons des salves de tirs et leurs échos retentissants. Quelqu’un hurle à pleins poumons – à moins qu’il ne vomisse… Entre-deux, nous distinguons des bribes de contrebasse et de basse électrique, des élancées de clarinette virtuoses, des sons électroniques, des enregistrements sur cassette passés en boucle, des bandes-son d’anciens films égyptiens, des discours politiques de Gamal Abdel Nasser et de la musique pop datant de la guerre civile du Liban. Ce délire sonore est unifié par un grand nombre de techniques de montage, instrumentales et de production. Situé d’une part sous le signe de l’improvisation libre, ce voyage acoustique se distingue d’autre part par des samples et une esthétique inspirée du patchwork qui renouent avec des souvenirs acoustiques du monde arabe et de la guerre civile du Liban. Lors de leurs performances live, Conca et Yassin soulignent leur musique à l’aide images animées issues de films et de séries TV arabes.

 


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09/2009

Lingling Yu

Xu Lai
Musique classique chinoise
(2009)


[tbb] Dans l’art de la musique chinoise, chacun des sons a sa fonction spécifique, son raffinement. Ce n’est pas la partition qui imprègne un morceau, mais plutôt l’intention du musicien. Dans une interview Lingling Yu raconte «L’interprète rend la musique immortelle ». Ce qui est évident sur son nouveau CD Xu Lai. Les divers sons et mélodies sont posés avec grande précision. L’éventail d’ornements et des sonorités sont tout simplement époustouflants. Parfois les sons semblent défiler délicatement sur la langue ensuite ils tourbillonnent fortement, remplis de bruitage. Ling Ling Yu, née dans le Sud de la Chine, vit depuis 1998 en Suisse. Elle allie la musique chinoise à la musique occidentale. Par ses études de la musique occidentale, elle apporte à la musique chinoise une nouvelle approche. Elle présente aujourd’hui la musique de l’antique luth chinois pipa à la fois asiatique et occidentale. Les deux mondes sont reliés dans son interprétation. «Je pense, que l’on ne peut faire avancer l’art, que quand on apprend à connaître d’autres cultures et d’autres traditions culturelles. Dans la philosophie taoïste, on dit que pour bien se connaître soi-même, il faut d’abord connaître les autres».

 


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08/2009

Marcelo Nisinman

Desvios
avec Carlos Trafic
Acqua Records (2009)


[tbb] Marcelo Nisinman exploite pleinement son bandonéon : des sifflements à peine audibles jusqu’au "cluster" fort et vigoureux. Parfois, son instrument fait place à un ralentissement sonore, - accompagné de sons altérés d‘une guitare, d‘une contrebasse free jazz et également d’une percussion retentissante. Par la suite, le bandonéon joue des mélodies mélancoliques qui rappellent le Tango Nuevo de Piazzola. Et à nouveau, on entre dans des mondes sonores dissonants. Marcelo Nisinman est né en 1970 à Buenos Aires. Actuellement, il vit à Bâle. Il est l’un des compositeurs et musiciens les plus intéressants provenant de l’héritage tango toujours à la recherche de nouvelles voies musicales.

Sur son nouveau CD, « Desvios », il réussit à créer une musique d'ensemble imprévisible. Le CD met en musique des textes de Carlos Trafic : les récitants de langue espagnole poussent des cris perçants tandis que les chanteurs chantent des aires d’opéra grandioses. S’ensuivent des morceaux instrumentaux surprenants, oscillant entre le jazz expérimental, la musique contemporaine, le Tango Nuevo, la poésie et la cacophonie. Dans le CD-Booklet, Nisinman écrit «Desvios est une courte pièce de tango théâtre satirique». Le projet est formidablement réussi.

 


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07/2009

Kasbah Rockers

with Bill Laswell
Barbarity 028
Barraka el Farnatshi


[tbb] Le label bâlois Barraka œuvre depuis de nombreuses années à la jonction entre musique nord-africaine et électronique. Le nouveau CD «Kasbah Rockers» propose en quelque sorte un best-of du label. L’album se targue de la présence de fidèles compagnons de route du label tels que le musicien marocain Youssef El Mejjad d’Amira Saqati, Abdelaziz Lamari et Abdelkader Belkacem de Maghrebika, la jeune chanteuse turque Oezlem Ylmaz, ainsi que Kadir & Erdem du collectif de hip-hop helvético-turc Makale. Le célèbre producteur de dub Bill Laswell fait résonner ses puissantes lignes de basse électronique sur onze morceaux; quant au producteur bâlois Pat Jabbar, il s’est chargé de combiner les différents ingrédients. L’odyssée musicale à travers la dance et le rai’n’B exerce un impact plus franc que jamais. Les sons sont moins manipulés, et les influences – qui s’étendent de l’Afrique du Nord à la Turquie - sont plaquées sur une musique sans détours mâtinée de rock. «Ayna» offre l’illustration la plus concrète de cette nouvelle tendance du label Barracka: un beat implacable, des rythmes de tambour tarabuka, des cordes synthétiques proche-orientales et des accents électro gratinés s’allient pour donner lieu à un morceau dance sans compromis.

 


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06/2009

Kamilya Jubran

Makan (2009)


[tbb] «Enfermées, parquées dans leur enclos, les oies d’élevage sont contraintes de regarder les oies sauvages fendre les cieux au-dessus de leurs têtes; chaque coup d’aile semble une moquerie à leur égard.» Ces vers du poète marocain Hassan Najmi sont une métaphore du XXIe siècle. Elles évoquent les pauvres, prisonniers de leur propre pays, et les riches, les intellectuels ou les cosmopolites qui peuvent passer les frontières et découvrir le monde. La chanteuse et joueuse d’oud Kamilya Jubran, qui met en musique et interprète le poème de Najmi, appartient plutôt à la seconde catégorie – même si sa vie est tout sauf simple. Depuis 2002 cette Palestinienne au passeport israélien vit entre Paris et Berne et passe beaucoup de temps dans les dédales de l’administration où elle lutte pour obtenir ses permis de travail et de séjour dans l’espace Schengen. Des pays lointains, elle ne voit le plus souvent que les salles de concert. Elle aussi ne voyage surtout qu’en pensées – et à travers la musique - comme le montre son tout dernier album solo «Makan» (le lieu). Chaque morceau a été enregistré dans un lieu différent et très particulier à Grenoble. Ainsi, dans «Nabd» (le pouls), on se retrouve en plein cœur d’une forêt; une abeille passe, les grillons chantent. Jubran chante les poèmes de quatre poètes contemporains – des amis personnels - en provenance de Palestine, d’Irak, du Maroc et du Sénégal. De sa voix versatile, elle capture le ton de ces textes avec une précision troublante, se remémorant des lieux, des histoires, des odeurs et des sons. «Si seulement j’étais ma propre langue. Je pourrais ainsi exprimer tout ce que j’ai dissimulé en moi», récite-t-elle dans un morceau. Un objectif somme toutes inatteignable: Kamilya Jubran n’est chez elle que dans ses propres mélodies.

 


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06/2009

Lariba

Como Lo Ves (2009)

www.lariba.ch 


[tbb] «Como Lo Ves» est le titre du premier CD de Lariba. La formation multinationale réunit des musiciens cubains, brésiliens, mexicains et italiens rassemblés par le percussionniste zurichois David Stauffacher, qui est également le producteur du nouvel album. «J’ai souhaité combiner tous les styles de musique que j’aime dans un seul groupe», explique-t-il lors d’une interview. Un pari qu’il a relevé avec brio, puisque l’album recèle un mélange sophistiqué de rythmes et de mélodies latino relevées de cuivres, de rap et de chant en espagnol, italien, portugais et anglais. Le jeu intense des musiciens donne lieu à un tissu musical dense et parfois très complexe. Lariba convainc surtout entre ragga et salsa, parsemant ces envolées de passages rap virtuoses. Quant aux transpositions musicales brésiliennes, elles s’avèrent également d’une grande fraîcheur. Le groupe a du potentiel, c’est certain. Son important réseau Internet promet d’ores et déjà des développements réjouissants. Un premier album plus que convaincant.

 


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05/2009

King Kora

Mandingda
(2009)


[ma] Il y a trois ans, le projet a été primé par Pro Helvetia dans le cadre du concours « swixx ». Désormais, on peut écouter 12 compositions originales et trois titres réarrangés. Le groupe afro-suisse « King Kora » nommé récemment « Electric Band » a baptisé son troisième CD, Mandingda, au Moods à Zürich. Le groove du groupe King Kora mené par Lamin Jobarteh et Roger Greipl, au fil des années, est enrichi, sur le nouvel album, par quelques sons électroniques et de nombreux invités : Les rappeuses Godessa de l’Afrique du Sud, en passant par Namusoke, zürichoise de Tanzanie jusqu’à la chanteuse de soul Brandy Butler de Philadelphie. Enregistré à Zürich et à Bundung (Gambie), mixé et produit par Dan Suter, l’album présente aussi un morceau de musique house, ainsi que trois titres réarrangés par DJ Lefty. En définitif, un album qui atteste de manière originale une certaine maturité du groupe.

 


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03/2009

Cie Djinn Djow

Siniya Na Kònò
(CD, 2009)
Rythmes et danses métisses
(Livre, LEP Editions, 2009)


[ma] Pour les 20 ans de la compagnie suisse-africaine de danse et musique, Djinn Djow, fondée par Vincent Zanetti et Anne-France Brunet, un premier CD a été réalisé sous leur propre nom, avec en supplément, un bel ouvrage avec d'abondantes photos. Celui-ci fait la rétrospective de l'histoire du groupe et de la longue collaboration avec le maître de djembé, Soungalo Coulibaly, disparu en 2004, tout en relatant les tenants et abouttissants de la musique et de la danse en Afrique de l'ouest. Les treize compositions du CD de la compagnie Djinn Djow présentent l’art de la « musique métisse ». La superbe voix du chantre Sidikia Coulibaly vibre à l’oreille, soutenue par les guitares électriques et acoustiques, le luth africain (jeli n’goni), le luth harpe (kamele n’goni) et dosé d’une percussion soignée. Trompettes et clarinettes mettent des accents dans plusieurs morceaux instrumentaux entre des phrasés aux rythmes traditionnels et jazz. Un album réussi qui permet d’apprécier les fruits d’une exploration très longue et intensive des diverses traditions musicales.

 

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02/2009

U_TROPIC

Musik para Woyzeck
(2009)


[ma] Des sons électroniques expressifs, des rythmes généreux, des voix profondes, une trompette virtuose et des textes intelligents de Georg Büchner : U_Tropik est le fruit de l’accompagnement musical live de la pièce de théâtre Woyzeck « caraïbe », mise en scène par Andrea Novicov au début de l’année 2009 et dont la première a été jouée à Genève. Les neufs compositions présentées actuellement sur le CD sont un vrai plaisir pour les oreilles et dénotent d’une grande expérience créative des rythmes latino-américains. La plupart des arrangements limpides laissent suffisamment de place pour les mots et les mélodies et convient invariablement à la danse : que ce soit un boléro, une cumbia ou une samba ! Etes-vous plutôt attirés par les spécificités du système nerveux ou plutôt par les hymnes à l’amour qui meurent ? 
Tania Nerfin, chant, Andrès Garcia au keyboard, Jorge Mendelievich à la basse, accompagné de Julio D’Santiago à divers instruments de percussion ainsi que du trompettiste Renaud Gensane ont réussi un Soundtrack pour un drame classique, que l’on espère bientôt entendre en concert.

 

PLAY: Système nerveux Play     PLAY: Correspondencia Play      
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12/2008

el sabr-gameel

Regula Schneider (cl), Paul Giger (v), Anna Spina (v), Walter Grimmer (vc), Amal Ayyad (qanun), Ahmad Arnab (kawala), Fikri el-Qinawi (rababa), Khaled Abo Hegazi (perc).
Musiques Suisses (2008)


« Les roses de la patience » (el-sabr gameel) est le titre du projet d’échange culturel initié par la permanence de Pro Helvetia au Caire. Projet d’échange entre musiciens chevronnés de Suisse et leurs homologues d’Egypte. Des morceaux de musiciens suisses et égyptiens, compositions et improvisations, musique écrite ou transmise oralement, gammes selon la tradition occidentale ainsi que des gammes arabes à trois-quart de ton : Au cours de plusieurs rencontres, ateliers et concerts, les participants sont entrés dans les différentes traditions, ont profité les uns des autres et ont cherché le dialogue au-delà des frontières musicales et, par-dessus tout, ils ont énormément appris de leur culture spécifique. Le label « Musiques Suisses » du pourcent culturel Migros, présente l’enregistrement de cette rencontre sous forme de CD, accompagné d’un carnet avec des explications détaillées sur les idées et les concepts. Cependant, il faut relever que le projet n’est pas seulement passionnant sur le papier : de magnifiques morceaux musicaux ont été enregistrés, qui en disent bien plus long que de simples mots.

 

 


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12/2008

Peter John Kofi Donkor

Krakutu Power Sounds
(2008)


[ma] En fait, l’enregistrement avait été réalisé en 1999 déjà, mais le percussionniste Peter John Kofi Donkor a pris son temps pour présenter, au public, sa collection personnelle des rythmes et chants traditionnels des diverses régions du Ghana. L’attente en valait la peine : c’est un album harmonieux et réussi, accompagné d’un carnet livrant d’importants renseignements sur les provenances et les fonctions des différents morceaux. Une diversité impressionnante de rythmes, de chants et d’arrangements instrumentaux sont expliqués. 
En Suisse, depuis plus de 10 ans, Peter John Kofi Donkor, membre du groupe High-life « Akapoma » de Luis Dogbe, transmet son vaste savoir sur la musique traditionnelle du Ghana, régulièrement dans des ateliers. Son travail sera d’autant mieux soutenu avec ce CD à sa portée.

 


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10/2008

Regina Ribeiro

„Relacionamentos“
(2008)


Regina Ribeiro, brésilienne établit à Berne, a sorti son premier CD avec le plus grand soin. Durant plusieurs années, elle a laissé le temps à sa musique de mûrir sur scène avec différentes formations. Somme toute, elle s’est rendue au studio d’enregistrement avec des musiciens comme Luis Ribeiro, Mauro Martins, Toni Schiavano, Bärni Häberlin, Simon Ho, Elias Moreira et Leo Montana. Et, sous la direction musicale de Glaucus Linx, musicien et producteur expérimenté, elle a enregistré neuf compositions, qu’elle a, en majorité, écrit elle-même et qui sont basées sur le rythme plutôt lent afro-brésilien «Afoxé». Glaucus Linx a particulièrement bien réussi a mettre en valeur subtilement la voix de la chanteuse et danseuse de formation. Le tout accompagné d’arrangements raffinés et une touche discrète d’électronique. Un album sur la music soul brésilienne qui mérite d’être écouté.

 


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09/2008

Mahmoud Turkmani

"Ya Sharr Mout"

Dokumentarfilm von Sabina Gisiger (DVD)
www.dschointventschr.ch


[tb] Lors du congrès international pour la musique arabe au Caire, les musicologues affirmaient qu’il était un traître de la musique et de la culture arabe. Turkmani avait voulu revisiter la forme musical Muwashahat avec un ensemble égyptien. Aussi dans la nuit, les musicologues faisaient du tapage à sa porte d’hôtel. C’est ce que raconte Turkmani au début du film documentaire de la cinéaste zurichoise Sabine Gisiger. Par des images expressives, le film nous emmène dans la vie et le travail créatif de l’artiste libanais vivant actuellement en Suisse. Turkmani a fait la guerre civile, s’est disputé avec son père, a étudié à Moscou et finalement il a atterri en Suisse. Tout cela fait partie de sa performance audiovisuelle « Ya Sharr Mout » - on le comprend dans le film. Sa colère, son trauma, ses sentiments de culpabilité et ses nostalgies surgissent de manière abstraites dans des associations audiovisuelles pleines de dissonances et indéfinies. Par-dessus tout plane une brise légère pleine d’attente passionnée. «Dans ce pays, la beauté est morte» chante Nisreen Hmaidan et déclame un texte de Nadia Tuéni. La réponse donnée aux musicologues du monde arabe est très personnel, parfois douce et fragile, quelque peu triste et extrêmement sensé.


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09/2008

Hekiat

"Armenian Stories"
TCB (2008)


[ma] Le groupe suisse-arménie Hekiat s’est formé en été 2005 lors du Swiss Jazz Festival de Damas à l’occasion d’une rencontre improvisée. Le pianiste de jazz bâlois Oliver Friedli a spontanément accompagné la chanteuse arménienne Houry Dora Apartian, alors que son pianiste venait à manquer. Une amitié est née au-delà de la musique et, deux ans plus tard, la chanteuse emménage à Bâle avec histoires et mélodies en quantité dans ses bagages. Chants que son père lui a appris enfant, d’autres, qui, depuis le génocide de 1915, doivent être perpétués dans le monde pour protéger le patrimoine culturel du peuple arménien. Ces mélodies sont le point de départ du premier CD de Houry Dora Apartian, soigneusement arrangé et interprété par un quartett de jazz suisse composé d’Oliver Friedli au piano, d’Alex Hendriksen au saxophone, de Michi Stulz à la batterie et de Fernando Fontanilles à la basse. Neufs chansons raffinées qui explorent les tensions entre chant populaire, chant choral chrétien et jazz.

 


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08/2008

Doctor King'esi

"Tulia" (2008)


[ma] Tulia signifie patience en kiswahili et c’est avec beaucoup de patience que le chansonnier kényan, Doctor King’esi, a réalisé son onzième CD. Il a enregistré la plupart de ses albums avec de simples moyens chez lui, à la maison. Par contre, pour le CD Tulia, il est retourné dans un studio professionnel. En plus de sa voix accompagnée de la guitare, il a également enregistré la guitare en solo, la basse et la percussion. Il en résulte quatorze belles chansons, des arrangements subtils et un son harmonieux donnant à ses propres compositions le meilleur effet. Depuis cinq ans, Doctor King’esi réside à Thoune et il est, avant tout, un musicien de rue. Possédant son propre style, dans lequel on retrouve diverses traces des traditions musicales africaines, on a pu l’entendre à plusieurs reprises au festival Afropfingsten.

 


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07/2008

Omri Hason & Kadim

"Shati"
Double Moon Record (2007)


[ma] Paru fin 2007 déjà, le deuxième CD du percussionniste israélien Omri Hason et de son groupe interculturel Kadim vient enfin intégrer notre médiathèque. Bernois d’adoption, Hason se donne pour mission de jeter des ponts musicaux en mariant des rythmes asiatiques aux escapades sonores improvisées du jazz. Ses instruments de percussion proche-orientaux et ses penchants bernois vont ainsi à la rencontre de la voix de Sandhya Sanjana, à mi-chemin entre la musique classique indienne et le jazz, le magnifique violon du Hongrois Zoltán Lantos, également influencé par la musique indienne, les tambours indiens de Ramesh Shotam et le piano électrique Fender Rhodes du Hollandais Maarten Meddens. Shati présente neuf compositions aux rythmes subtilement divins, dont la plupart ont été composées ou travaillées par Omri Hason, et au sein desquelles les voix féminines se dotent souvent d’un caractère instrumental, tandis que le violon leur confère toute leur profondeur émotionnelle.

 

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07/2008

Rodrigo Botter Maio & Jazz Via Brasil Group

"Reencontro dos Ventos" (2008)


[ma] Depuis 1993, le saxophoniste brésilien Rodrigo Botter Maio a produit huit CD personnels et contribué à d’innombrables albums. Malgré cette activité exemplaire, cela fait 11 ans que le Zurichois d’adoption n’a pas mis les pieds dans un studio avec son groupe officiel «suisse», le Jazz Via Brasil Group. Résultat: les travaux sur «Reencontro dos Ventos» ont duré presque deux ans, regroupant des compositions originales des 20 dernières années. Du latin jazz bien trempé à base de rythmes samba, baião et bossa nova, ainsi que deux détours par l’Argentine: une chacarera née en 1989 à Graz lors du premier séjour d’études de Rodrigo en Europe, ainsi qu’un tango finement ciselé datant de 1999. Se détachant clairement des autres compositions de l’album, le morceau se distingue par le violon de Michael Zisman et le bandonéon de son fils, Michael. Aux côtés de Rodrigo, le pianiste schaffhousois Thomas Silvestri et les Brésiliens Dudu Penz (basse) et Eduardo Costa (batterie) forment le noyau dur du groupe. Quant à Simone Santos – à qui il arrive également de monter sur scène avec le groupe - elle prête ses talents vocaux à deux morceaux de l’album.

 

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06/2008

Musique d'amour

Un film de Yusuf Yesilöz
DVD 53 min.
Distribution: artfilm.ch


[ma] Le troisième film du réalisateur et écrivain kurde,Yusuf Yesilöz, établit à Winterthour, retrace avec sensibilité les portraits de trois musiciens immigrés en Suisse. A savoir, la pianiste classique Tamriko Kodzaia, originaire de la Géorgie, la chanteuse Ülzü Bozkurt, orginaire de Turquie et le musicien Samir Essahbi, natif du Maroc, tous trois racontent leurs parcours professionnels et privés de manière très personnelle et font remarquer que leurs expériences peuvent être aussi variées et différentes que la musique de ce monde. Pourtant, ils ont au moins un point en commun : le besoin et la volonté d’être pris au sérieux pour ce qu’ils font avec grand engagement.

 

« Musique d’amour » a été montré le 13 avril à la télévision SF1 dans l’émission Klanghotel. Le film est désormais disponible sur DVD ( allemand, turc, géorgien avec sous-titres en allemand, français ou anglais).


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04/2008

Elina Duni

"Baresha"
meta records (2007)


Durant ses études de jazz à la Haute école des arts de Berne, la chanteuse albanaise Elina Duni rencontra les musiciens qui l’accompagnent sur son tout dernier CD ainsi que sur scène: Colin Vallon au Piano, Bänz Oester à la basse et Norbert Pfammater à la batterie. Un trio d’accompagnement hors pair pour une chanteuse prometteuse qui combine avec aisance le jazz à un répertoire balkanique traditionnel. À onze ans, elle émigra à Genève avec sa mère, y étudia la musique et passa quelque temps à New York. Les 13 morceaux sur «Baresha» illustrent les différentes étapes de son parcours: outre des mélodies traditionnelles albanaises, grecques, kosovares et bulgares, la chanteuse reprend également des titres de Serge Gainsbourg ou de Léo Ferré, qu’elle chante comme s’ils avaient été écrits pour elle.

 

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04/2008

Naghma

"Bab Sahara"
(2008)


Bab Sahara est le deuxième CD du groupe composé du chanteur et musicien marocain Majid Tiken et de la saxophoniste MonikaTiken et dans lequel les frères de Samir Essahbi, Kamal et Khalid sont également actifs. Naghma met en valeur les rythmes gnaoua arrangés par les phrases des instruments à vent. Une musique qui est parvenue au Maroc par les esclaves africains et qui se joue lors des cérémonies de transe traditionnelle. La voix curieuse de Majid s’exprime très bien dans la ballade Massabo ou dans le morceau Zman, inspiré d’Amérique latine, alors qu’elle l’est moins dans quelques compositions chantées en anglais.

 

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02/2008

Kara

"Welti Bamboulé"
(2008)


Accompagné de nombreux musiciens de sa patrie sénégalaise, la Casamance, Kara, chanteur et compositeur, a enregistré son troisième CD. Durant 12 ans, il était en tournée dans le monde entier en tant que danseur. C’est en 1996, qu’il s’installe à Genève et commence un premier projet avec l’ensemble de danse et percussion Keur Sénégal en Suisse. En même temps, il se lance dans la composition de chansons sur la guitare et présente en 2003 avec le guitariste Jeremy Tordjman et le percussionniste Oudou Coulibaly, un premier CD en solo «Sante Yallah». De nombreux concerts couronnés de succès en Suisse et à l’étranger, un deuxième CD en 2005 ainsi que l’album qui vient de sortir, attestent que Kara a trouvé son style musical personnel avec des musiciens accomplis : de la musique moderne sur la base des rythmes de son ethnie peulh, des chansons chaleureuses accompagnées par les guitares, kora, xalam, n’goni et la percussion entraînante.

 

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12/2007

Gustavo Delux

"No me apagues la radio"
www.tavogus.com


Pour la sortie de son 2ème CD «No me apagues la radio» (Ne m’éteinds pas la radio), le musicien péruvien Gustavo Nanez a réuni des musiciens d’Amérique latine bien connus en Suisse: Dudu Penz à la basse, Carlos Irarragorri, guitare et tres, le percussionniste Alejandro Panetta et le guitariste Pablo Miguez, ainsi que Leonardo Govinan au trombone et Andrea del Pilar chanteuse d’accompagnement. Son, merengue, bachata et cha cha cha marquent cet album musical plutôt nostalgique sur lequel ses textes parlent de partir, séparation et douleur. Par contre, les rythmes sont totalement orientés danse. Avec ce nouveau groupe, Gustavo Nanez, collaborateur habituel du groupe de théâtre Kolypan, a de bonnes opportunités d’apporter du dynamisme dans les salles de concerts en Suisse.

 

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11/2007

Trio Interkontinental

Narrenschiff 14361 www.narrenschiff-label.ch


A musical bridge se nomme le deuxième CD, né de la collaboration du clarinettiste Martin Schumacher et du musicien Kirghiz Jusup Aisaev (viole de jambe, luth à long cou et guimbarde). Les deux artistes se sont connus durant l’année 2000 lorsque le groupe suisse Kadash était en tournée en Asie. En 2004, le percussionniste Tadjik Adbuvali Ikramov est venu rejoindre le groupe et le duo a fait place au Trio Interkontinental. A la recherche de points de contact et de contrastes entre les écoles et les concepts musicaux différents, les trois musiciens interprètent des mélodies et des rythmes traditionnels de l’Asie centrale mais aussi de la musique populaire suisse ou des compositions de Anouar Brahem et Horace Eubanks. Un projet de musique de chambre qui laisse beaucoup de place à l’improvisation et qui apporte quelques passages musicaux intensifs.

 


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06/2007

Meduoteran

"Horon"
www.meduoteran.com


[ma] Horon est le titre du premier album de deux jeunes musiciens: Taylan Arikan et Srdjan Vukašinović. Le premier a des racines turques, le deuxième est issu d’une famille serbe. Accompagnés d’un accordéon et de la Bağlama munie de trois choeurs de cordes (saz), les deux virtuoses nous emmènent dans des mondes musicaux proche de la mer noire. Ils se sont connus à la haute école de musique de Winterthour et, libres de tout préjugé, ils interprètent des airs traditionnels, mais également des thèmes de la musique classique ou du jazz. Il en résulte une musique de haut niveau et extraordinairement vivante, quelques fois avec des rythmes dansant rapides puis à nouveau très mélancoliques et parfois tout simplement enjoués. Depuis la fin 2006, le duo Meduoteran est en tournée en Suisse démontrant qu’il s’agit ici d’un programme convaincant et pas uniquement d’une production de studio bien réussie.

 

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04/2007

Fatoumata Debélé

"N'naniba" (2007)


[ma] Son premier CD personnel est désormais créé. Fatoumata Dembélé, chanteuse du Burkina Faso et du Mali a, dans les années passées, impressionné par sa voix unique et sa très grande présence sur scène avec le groupe Farafina, avec Mamadou Diabaté & Bekadiya ou sur le nouveau CD du groupe Taffetas. Les musiciens de Taffetas, Marc Liebeskind, Christophe Erard et Nana Cissokho, sont aussi de la partie ainsi que Mamadou Zerbo au n’goni, Nabankur Bhjattacharya au tabla, Allaye Diarra au balafon et Ibou N’Diaye avec le sabar. Son CD commence avec un morceau arrangé avec kora, guitare, basse, tabla et flûte. Pour terminer, on entend un chant accompagné uniquement du n’goni. Ce dernier morceau illustre de façon imposante, la force musicale de la tradition Griot. Entre ces deux extrêmes, il y a 10 compositions avec des facettes diverses, oscillant entre tradition et renouveau.

 


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03/2007

Mara Diaibaté, Carlos Dorado, 
Ammar Toumi

"Touma Wati" (2006)


[ma] Le joueur de Kora sénégalais, Mara Diaibaté, tenait beaucoup à son nouveau projet avec le guitariste Carlos Dorado et le percussionniste Ammar Toumi. Pour avoir cotoyé divers groupes interculturels, il savait que ces rencontres comportaient certains risques. La kora a 21 cordes et la guitare a 6 cordes, l’univers musical mandingue et les harmonies de la musique de l’ouest s’enrichissent vraiment lorsque les musiciens mettent l’accent sur la structure et l’esprit des différents langages musicaux. Fin novembre 2006, après plusieurs mois de répétitions, Mara Diaibaté annonçait fièrement l’achèvement de l’enregistrement du CD dans le studio de Gérard Suter (Radio Paradiso). Peu de temps après, il décédait subitement alors qu’il se trouvait dans sa famille en Casamance. Il nous laisse la preuve d’un travail prometteur et quelques magnifiques morceaux de musiques.

 


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02/2007

Kud Meya

"Kud Meya" (2007)
www.kudmeya.com


[ma] Chansons populaires des Balkans, de l’Adriatique jusqu’à la Mer Noire, forment le répertoire de l’ensemble „Kud Meya“ de la Croatie. Avec accordéon, guitare, tambura, contrebasse et chant, le groupe saisit intensément l’atmosphère de chaque composition et élargit le cadre de jeu traditionnel avec des idées contemporaines. Bien des mélodies sont marquées de mélancolie et de tristesse et pourtant le rythme va se rompre, deviendra rapide, plus soutenu, l’accent syncopé, les instruments hautement virtuoses. L’ensemble, formé de la chanteuse Tihana Zubek et du chanteur Zvonko Kompes, s’est dispersé dans divers pays d’Europe après une carrière couronnée de succès en Croatie dans les années 90. Entre temps, Boris Klečić (guitare), Ivan Nestić (contrebasse) et Mario Batković (accordéon) vivent en Suisse et, accompagnés de Martin Kljaić (tambura) et du duo de chanteurs, ils ont enregistré un CD avec un nouveau répertoire.

 

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12/2006

Samir Essahbi

"Live Konzert aus der Mühle Hunziken"
markmaRecords (2006)


[ma] Le CD-live de Samir Essahbi & Band vous est vivement recommandé pour la party de la Saint-Sylvestre. L’enregistrement a été réalisé durant leur concert de décembre 2005 au «Mühle Hunziken», concert qui est également passé sur les écrans de la télévision. A part la chanson reggae «Ayay Ayay», tous les morceaux proviennent du CD de Samir de l’été 2005 «Ne plus te croire» C’est pourquoi, le rappeur bernois Greis est aussi de la partie avec son morceau «La Guerre» ainsi que Endo Anaconda dans une version arabo-bernoise de la chanson de Mani Matter «Sidi Abdel Assar». Avec beaucoup d’énergie, le groupe joue des mélodies entraînantes raï, enrichies d’éléments Salsa mais aussi d’intéressants rythmes Gnawa. (Nabina Mohamed).

 


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11/2006

Taffetas

"Caméléon" (2006)

Taffprod/Asmia
www.taffetas.ch 


[ma] Depuis la fin des années 90, le guitariste de jazz genevois Marc Liebeskind explore les mondes musicaux non-européens, d'abord en Afrique de l'ouest et depuis quelques temps aussi au nord de l'Inde. Christophe Erard fait de même en Afrique et en Mongolie. Accompagné du joueur de cora de la Guinée Bissau, Ibrahima Galissa ils ont fondé en 2002 le groupe Taffetas et ils ont sorti en 2004 un premier CD chez Mostrecords. Justement, il vienent de sortir un deuxième CD, cette fois avec le chanteur et joueur de cora Nana Cissoko lequel vit à Chexbres ainsi qu'avec la voix de Fatoumata Dembélé, chanteuse du groupe légendaire Farafina, laquelle est installée depuis quelques temps dans la région de Berne. L'aboutissement du projet est l'oeuvre communautaire de quatre musiciens empreinte du dynamisme de l'Afrique de l'ouest, des voix impressionnantes et des rencontres réussies entre les cordes puissantes de la cora de la guitare et de la contrebasse.

 


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07/2006

World Music Special Vol. 2

Une compilation de la radio DRS3

EMI Music Switzerland


[ma] Le sampler World Music Special Vol 2 vise directement les danseurs. Il est produit par Marianne Berna, modératrice de radio, DJ et responsable de l’émission de musique du même nom (tous les jeudi de 20.00 à 22.00 heures, DRS 3). Comme elle l’écrit sur le livret, le CD annonce les vacances ! Musique pop que l’on écoute d’où elle vient. Du monde entier dans ce cas. Los de Abajo, The Crucialists, Frank Reyes, Lila Downs, Salif Keita, Susheela Raman ... ainsi que deux musiciens vivant en Suisse ont réussi à figurer parmi ces personnalités : Samir Essahbi feat. Endo Anaconda avec la nouvelle interprétation de Sidi Abdel Assar de Mani Matters et le musicien kényan domicilié au bord du lac de Thoune, Doctor King’esi, lequel n’a pas encore reçu de contrat pour son nouveau CD Hinde. Jusqu’à présent, on pouvait l’écouter dans la rue ou dans les fêtes. Et selon DRS 3 désormais aussi chez nous !

 


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07/2006

Sounds from Home

Mischpult Schweiz - La Suisse Internationale (2006)
Faze Records


[ma] Sounds from Home – La Suisse Internationale réunit 20 morceaux de jeunes musiciens immigrés en Suisse avec leurs parents ou tout seul, et qui de diverses manières se consacrent à leurs racines ou justement pas du tout. Cette compilation sélectionnée par le journaliste Thomas Burkhalter pour le magazine terra cognita poursuit en quelque sorte la collection qui avait commencé avec le cd du livre Soukous, kathak et bachata. Le nouveau sampler met l’accent sur la génération plus jeune en présentant de ce fait plus de "secondos" et beaucoup de rap en de nombreuses langues. Une troisième compilation sortira prochainement: Suisa et Pro Helvetia seront les hôtes de la Womex 2006, qui aura lieu en octobre à Séville et, pour l’occasion, prévoient de sortir un CD de promotion avec de la musique world de Suisse.

 


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07/2006

Saadet Türköz

"Urumchi" (2006)

Intakt CD 109
www.saadet.ch 


[ma] Le troisième CD Urumchi de Saadet Türköz, chanteuse turque d'origine kazakhe vivant à Zürich, a été enregistré à Almaty et à Péking. La plupart du temps accompagné d’une Dombra uniquement, un luth à long cou avec deux cordes, répandu en Asie Centrale, la chanteuse à la voix persistante nous présente un nouveau répertoire de chansons traditionnelles qu’elle interprète de manière personnelle et convaincante.

 


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07/2006

Khaled Arman

"Afgahanistan Sâzenda" (2006)
Arion


[ma] Le musicien afghan vivant à Genève, Khaled Arman, a réuni ragas et danses traditionnelles sur son album Sâzenda. Pour la première fois, il utilise le rubâb construit spécialement pour lui par le luthier suisse, Luc Breton, et avec lequel il prouve que cet instrument à corde du 18e siècle peut aussi satisfaire les exigences actuelles du virtuose en musique. Accompagné du talentueux joueur de tabla de 26 ans, Siar Hashimi, le musicien formé sur la guitare classique travaille, sans se lasser, sur le répertoire de la musique afghane, laquelle s’est avant tout développée hors de l’Afghanistan dès les années 90.

 


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07/2006

Carlos Dorado

"Mi Padre - Evita - La Guitarra"
(2005)


[ma] Sur son nouveau CD-solo Mi Padre-Evita-La Guitarra, le guitariste argentin Carlos Dorado raconte sur ses six cordes l’histoire de son père qui a déménagé du nord de l’Espagne pour Buenos Aires dans les années 30 et qui a fait la connaissance d’une belle Eva qui deviendra Evita dans l’histoire de l’argentine alors qu’il était employé dans un atelier de réparation de voitures. Un bel album intime du musicien, qui est aussi l’organisateur du Festival « guitarras del mundo » qui, chaque début d’année amène de nombreux instruments à corde et des traditions musicales de diverses régions du monde à Pieterlen, près de Bienne. De plus, il travaille aussi musicalement avec d’autres musiciens. Nous attendons avec impatience les résultats de sa collaboration au nouveau projet du joueur de cora sénégalais Mara Diabaté, que l’on va bientôt pouvoir entendre sur les scènes de Suisse.

 


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10/2005

Nilsa

"Mamã" (2007)
www.nilsamusic.ch 


[ma] Il est arrivé, le nouveau CD de Nilsa, chanteuse et rappeuse du Mozambique, accompagnée de son groupe de musiciens suisses. La sortie du disque avait été annoncée pour l’automne 2004 dans le livre «Soukous, kathak et bachata» et un enregistrement du morceau «Bouchecleca» est gravé sur l’album accompagnant le livre. Ce qui a éveillé l’attention sur la musique de l’ancienne chanteuse du groupe Djovana après son départ de Beira pour Olten. La sortie du CD s’est quelque peu retardée par la naissance de son fils Samito, mais désormais Nilsa accompagnée de son partenaire Rolf Mosele sont de retour sur la scène. En plus du morceau «Bouchecleca», le CD contient d’autres morceaux remarquables dont, en autre, une composition créée en collaboration des musiciens du groupe Djovana. Font aussi partie de la formation le chanteur suisse d’Afro-Reggae Famara ou Eric Wainaina du Kenya.

 


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07/2005

Samir Essahbi

"Ne plus te croire" (2005)

Sound Service
www.samiressahbi.com


[ma] Pour le musicien et chanteur marocain Samir Essahbi avec Ne plus te croire (Sound Service), c’est le troisième CD avec son groupe Raï-X. Comme d’habitude avec beaucoup de musique dansante et aussi quelques réinterprétations de mélodies marocaines traditionnelles et une version personnelle de Mani Matters « Sidi Abdel Assar », chanté en bernois par Endo Anaconda.

 


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07/2005

Gustavo

"Pintame la casa!" (2005)
www.tavogus.com


[ma] Le multi-instrumentaliste péruvien Gustavo Nanez connu par le groupe de théâtre «Kolypan» travaille avec plus de moyens électroniques sur son premier CD-solo Pintame la casa. Des sons urbains entre différents mondes et styles du Boléro jusqu’au Rap avec des chants fortement influencés par la musique cubaine et des arrangements musicaux surprenants : Gustavo tire parti de son expérience de plus de quinze années de carrière dans la musique et nous conduit vers la fin de son CD à ses débuts dans la scène rock.

 


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05/2005

King Kora

"Bundung"

RecRec (2005)
www.kingkora.com


[ma] Le groupe ouest-africano-suisse KING KORA réalise justement son deuxième album avec son CD Bundung (RecRec). Une musique entraînante du chanteur et joueur de cora Lamin Jobarteh, soutenue par les passages fougueux des instruments à vent de Roger Greipl et épicée d’illustres invités : Le rappeur bernois Greis, les chanteuses de soul et reggae Namusoke et Alina Amuri ainsi que Maciré Sylla de Guinée.

 


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05/2005

Kamilya Jubran & Werner Hasler

"Wameedd" (2005)
www.kamilyajubran.com


[ma] Sur le nouveau CD Wameedd (W&K001) de la chanteuse palestinienne Kamilya Jubran composé en collaboration avec le musicien électronique bernois Werner Hasler, on découvre des sonorités expérimentales. La voix éclatante de Kamilya accompagnée de son oud avec son jeu subtil se combinent avec les boucles électroniques et les sons sphériques, une musique en dehors des sentiers battus.

 


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